15 septembre 2014

Newsletter #8 - LaPaz à Uyuni

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Ah! La Bolivie! À la fois fascinant et troublant, ce pays nous en a fait voir de toutes les couleurs! Nous sommes maintenant confortablement installés dans une chambre d’hôtel chauffée, à Uyuni. Quel luxe après ces deux dernières semaines passées sur l’Altiplano bolivien, à plus de 3 000 mètres, où les températures oscillent autour de 15 degrés le jour et descendent sous zéro la nuit! Nous méritons bien un repos car cette dernière étape n’a pas été facile: des routes ardues, un ravitaillement compliqué, peu ou pas de ressources d’hébergement et quand il y en a, pas de chauffage, pas d’eau courante! Mais nous venons de visiter une région de la Bolivie où la nature a été plus que généreuse en paysages sublimes: vallées ceinturées de volcans, peuplées de lamas et de vigognes, lagunas où s’ébattent des flamants roses, geysers et eaux thermales ici et là, immenses lacs salés à perte de vue, ces fameux Salar qu’on peut voir sur les images satellite de la Bolivie. Nous avons aussi rencontré des gens extraordinaires, parfois bourrus de prime abord mais dès que nous les saluons en espagnol, les sourires s’affichent et la conversation débute. Décidément, le voyage dans ce coin reculé du pays en valait la peine.

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Mais commençons par le début, lorsque nous sommes partis de La Paz (El Alto plus précisément). La sortie de cette ville hyperactive se passe plutôt bien, la route descend légèrement ce qui nous facilite la course avec les collectivos qui nous coupent sans vergogne et au bout d’environ 20 km nous nous retrouvons peu à peu à la campagne. Comble de chance, nous avons une immense piste cyclable à nous tout seul! En effet, la route est en construction et de grands segments fraichement asphaltés sont fermés à la circulation automobile mais pas aux vélos. Il y a bien quelques ponceaux manquants nous obligeant à faire de courtes incursions dans la circulation mais nous en avons vu d’autres, n’est-ce pas?

Fait saillant de cette première journée: nous avons vu le président de Bolivie! Eh! oui! comme nous passions dans le petit village de Calamarca, il y avait grand rassemblement sur le bord de la route. Evo Morales est en campagne électorale et il prononçait un discours devant plusieurs centaines de villageois, la plupart en costume traditionnel. Curieux, nous avons tenté de nous approcher un peu, mais plusieurs soldats armés jusqu’aux dents assuraient un semblant d’ordre et nous les sentions nerveux. Nous n’avons donc pas trop insisté et avons repris la route. La poignée de main et la photo avec le président seront pour une autre fois…


Patacamaya, nous avons dormi dans un petit hôtel glacial et au matin, un gros autobus stationné devant notre chambre a failli nous asphyxier! En effet, à 6 hres, le chauffeur a décidé de « réchauffer » son moteur pendant au moins 20 minutes mais le pot d’échappement de l’énorme véhicule n’était qu’à environ 2 mètres de la porte et de la fenêtre de la chambre, peu étanches. Pas besoin de dire que l’odeur de gaz d’échappement nous enveloppe rapidement! L’antipollution, ici, on connait pas! Nous peinons à faire comprendre au chauffeur de s’éloigner. Méchant réveil!

L’étape suivante est à Callapa, petit village perdu, où nous échappons de justesse à une averse mêlée de grêle. Nous sommes hébergés dans une pièce délabrée de ce qui tient lieu d’hôtel de ville ou plutôt de village. Le « portero » des lieux nous parait un peu louche car il exige que nous partions avant 7 heures, « avant que le maire arrive »…Agirait-il en cachette du patron? En plus, il exige 10 bolivianos pour lui-même en plus des 30 qu’il nous a demandé pour la chambre (pas de lit, pas de salle de bain, pas de douche!) Il ne sera pas trop difficile de quitter cet endroit le lendemain matin!

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La route grimpe maintenant sans merci, mais la récompense, c’est que le paysage devient de plus en plus spectaculaire, nous rappelant même un peu les plus beaux coins de l’Ouest américain. Nous parvenons en fin d’après-midi au sommet d’une passe à plus de 4 000 mètres, où nous dressons le camp entre des formations rocheuses impressionnantes. Une petite pluie fine tambourine sur la tente une partie de la nuit, mais nous sommes bien au chaud dans nos duvets.

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L’étape du lendemain nous amène à Sajama dans le parc national du même nom. Nous devons travailler fort pour arriver au village car à partir de la route principale, c’est sur une piste en très mauvais état que nous pédalons ou du moins tentons de le faire sur 11 km. De grands bouts sont en sable nous obligeant à pousser les vélos de longs moments! Pas facile comme fin de journée quand on a plusieurs kilomètres de montée dans les pattes, mais nous finissons par arriver au village qui nous apparait comme une oasis dans le désert. 

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Nous nous installons dans un hostal sympathique, tout en petites maisonnettes typiques aux toits de chaume et comble de bonheur, on y loue des petites chaufferettes!L’atmosphère du lieu est conviviale et nous y rencontrons plusieurs voyageurs avec qui partager nos histoires autour de bons soupers. Il y a Jérôme et Raphaël, 2 Suisses francophones très sympas, puis la petite famille française de Thibault, Marilou et Misha, installés en Bolivie pour 1 an pour le travail. Ross les accompagne dans leurs recherches en biologie. Il y a aussi un jeune couple allemand en vacances et finalement, des Québécois, Émilie et André, en sabbatique pour 1 an! Nous sommes ravis de pouvoir échanger avec d’autres voyageurs en français. Reprendre sa langue maternelle après presque 2 mois à pratiquer notre espagnol, ça fait du bien!

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Lors de notre première journée à Sajama, nous en profitons aussi pour régler quelques petits problèmes pratiques, comme réparer notre tente. En effet, une des fermetures éclair ne fonctionne plus et nous devons changer la glissière. Nous avons bien les glissières de rechange mais pas les instructions pour faire le changement. Nous pensions les trouver sur internet, mais encore faut-il y avoir accès! Nous partons donc à travers le village à la recherche de cet outil miraculeux duquel nous dépendons peut-être un peu trop, en tout cas ici en Bolivie où cela demeure un luxe rare. Finalement, nous aboutissons au Collegio, une grande école, où Charles commence la conversation avec le directeur qui se fait un plaisir de nous prêter sa clé USB d’accès au web, en plus de se passionner pour notre équipée cycliste. Nous passons finalement tout l’après-midi avec lui et ses collègues professeurs, en plus du concierge, à répondre à leurs multiples questions et à leur montrer nos photos et vidéos. Ils sont fascinés et un des profs veut même télécharger nos vidéos pour les montrer à ses élèves! En plus de nos instructions détaillées pour la réparation de la tente, nous repartons de là avec de bien agréables moments en mémoire. 

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Pour notre 2e journée de congé de vélo, nous avons prévu une excursion dans la vallée, histoire de bien profiter du magnifique cadre de ce parc, au pied du plus haut sommet de Bolivie à 6 520 mètres, le volcan Sajama. Le proprio de l’hostal nous amène d’abord en jeep à la Laguna Huanakota où nous apercevons quelques flamants roses, puis il nous laisse aux Aguas Thermales où nous retrouvons nos amis suisses avec qui nous passons le reste de l’après-midi à nous baigner dans ces eaux chaudes, extrêmement agréables à 4 000 mètres d’altitude où règne la plupart du temps un froid de canard. Et que dire du cadre enchanteur qui nous entoure, tout simplement majestueux! Nous revenons au village à pied en compagnie de nos amis suisses, à travers des champs où broutent les lamas, au pied des impressionnants volcans qui entourent la vallée. Très agréable journée!

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Le lendemain, nous repartons à vélo, par la piste qui retourne à la route principale, et cette fois, elle nous parait moins difficile. Des jambes bien reposées font toute la différence! Après une longue montée en direction de Tambo Quemado, juste avant le Chili, nous bifurquons à gauche sur une petite route de gravier qui longe plus ou moins la frontière marquée par une rangée de volcans. Nous apercevons même un panache de fumée qui sort du cône de l’un d’eux! Nous venons de nous engager dans la partie plus difficile du trajet qui devrait nous amener à Sabaya, petit village pas très loin du premier Salar que nous voulons traverser.

Difficile est presqu’un euphémisme quand on veut décrire la route que nous tentons de pédaler! En effet, il nous semble qu’on vient juste de travailler la route, ce qui nous laisse une surface de gros gravier mouvant. Tant bien que mal, nous arrivons à Chachacomani, sous des nuages menaçants. Pendant que nous nous reposons sur la place, une dame nous interpelle et nous raconte avoir eu une professeure missionnaire québécoise. Elle nous dit que nous pourrions dormir au dessus de la salle communautaire mais qu’il y aura d’autres personnes avec nous…Nous hésitons mais comme il est tôt dans la journée et que le temps est revenu au beau, nous décidons de continuer la route encore un peu pour trouver un endroit où camper. 

En sortant du village, nous apercevons tout à coup la machine qui travaille la route devant nous! On nous a dit que cet entretien se fait à tous les 2 ans à peu près et il faut que ça soit le jour où nous décidons de passer par là!!! Pas de chance! Nous décidons de prendre une piste plus ou moins parallèle dans l’espoir qu’elle soit plus facile, mais nous nous retrouvons dans le sable plus souvent qu’autrement. Encore de longues séances de poussée des vélos! Nous finissons pas nous arrêter camper pas très loin d’un ensemble de petites maisons de pierre où nous ne voyons personne. Cependant, le vent nous fait la vie dure une partie de la nuit. 

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Au petit matin, le propriétaire des maisonnettes s’approche pour nous souhaiter bonne journée et piquer la jasette habituelle. Les Boliviens sont toujours intrigués pas notre voyage et le contact se fait facilement. Il s’éloigne par la suite dans les champs et quelques minutes plus tard, c’est sa soeur qui vient à notre rencontre et quelle n’est pas notre surprise de réaliser que c’est la dame de la veille au village! Quelle coïncidence! Nous sommes arrêtés camper exactement devant la maison de son frère! Segundina nous fait de nouveau la conversation et nous souhaite bonne chance pour notre voyage. 

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Nous en aurons besoin de la chance, car la route est de nouveau extrêmement ardue, sablonneuse à souhait quand ce n’est pas une surface planche-à-laver qui nous brasse la carcasse constamment! Arrivés à Macaya, tout petit bled perdu où se trouve une base militaire, nous sommes abordés par un soldat qui nous invite à entrer sur la base pour manger. Nous pouvons même nous installer dans leur salle à diner. Lui et un collègue nous font la conversation, contents d’avoir une distraction semble-t-il, de la vie sur la base. Ils sont tout fiers de nous montrer le cadavre d’un flamant rose qu’ils vont taxidermiser! Je leur dis que je préfère de loin voir ces beaux volatiles vivants. 

Nous repartons lentement sur notre route difficile et peu après le village, nous longeons une laguna où justement se prélassent ces beaux oiseaux au plumage rose ou blanc. Superbes!

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Nous pensions rejoindre le prochain village mais la fatigue nous oblige à stopper avant. Nous choisissons un emplacement qui semble protégé du vent mais au contraire, en soirée, Éole se déchaîne et le muret semble amplifier les rafales! Nous passons donc une nuit presque blanche à écouter la toile de la tente claquer, en espérant que notre abri résiste aux assauts de ce vent andin en furie. 

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C’est dans un état d’épuisement avancé que nous poussons pratiquement tout le temps nos vélos dans le sable le lendemain! Environ 8 km avant Julo, le prochain village, nous rencontrons un groupe de fermiers dans leur camionnette en train de faire l’inspection de leurs troupeaux. Ils sont très sympathiques, et nous font valoir toutes les merveilles touristiques de leur coin, comme cette laguna derrière une colline, « vraiment pas loin », mais nous sommes tellement fatigués que même la 9e merveille du monde nous laisserait froid! Nous continuons tant bien que mal jusqu’à Julo. Charles est déterminé à mettre fin à notre « misère » comme il dit. Après tout, nous ne sommes pas ici pour gagner un concours de souffrance! Nous essaierons donc de trouver un transport pour terminer les 90 derniers kilomètres de ce trajet jusqu’à Sabaya. C’en est trop, ce sable et ces planches-à- laver nous ont eu!

En entrant au village, nous croisons un des hommes rencontrés plus tôt dans leur camionnette. C’est le proprio de la seule tienda (petit magasin) du coin où nous trouvons un peu de ravitaillement. Nous lui demandons s’il connait quelqu’un pouvant nous amener à Sabaya et quelques heures plus tard, nous voilà organisés pour le lendemain, 5 hres, nous partirons en véhicule 4x4, armes et bagages, pour Sabaya, avec nul autre que le conducteur de la camionnette du matin! En attendant, le proprio de la tienda, aussi fermier, nous invite à prendre une sopa offerte par sa femme. Puis ils nous installent pour la nuit dans la petite salle communautaire attenante à leur église évangélique. Denise est tellement fatiguée qu’elle pousse un roupillon une partie de l’après-midi, affalée sur les matelas confortables qu’on nous a apporté. 

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Levés vers 4h30, assez bien reposés après une nuit calme à l’abri du vent, nous prenons la route dans la noirceur totale. Notre sympathique chauffeur en compagnie du fermier, nous font la conversation et nous expliquent les particularités de la région. Comme nous nous dirigeons plus ou moins sud-est, nous assistons à un superbe lever de soleil sur les montagnes environnantes. Le trajet de 90 km prend un bon 2 hres en véhicule 4x4. En fait, personne ne prend la route principale en planche-à-laver, tellement elle est mauvaise. Les gens roulent hors piste, créant tout un réseau de sentiers plus ou moins carrossables, dans le sable la plupart du temps. Notre chauffeur roulent là-dedans quasi les yeux fermés pendant que nous rebondissons sur la banquette arrière. Nous arrivons sains et saufs à Sabaya, tout contents d’avoir évité au moins 3 autres jours de galère à vélo. Nous trouvons rapidement une petite chambre d’hôtel relativement confortable et nous prenons 2 jours de repos avant de nous rendre au Salar de Coipasa, le premier que nous traverserons. 

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Au départ de Sabaya, nous prenons une piste en direction de Coipasa, petit village bordant le Salar du même nom. Enfin, la chance nous sourit et la surface où nous pédalons se révèle praticable, semblable à de la glaise durçie. Au village de Coipasa, nous trouvons un hébergement rudimentaire attenant à la tienda du coin. Pas d’eau courante, pas de toilettes, pas de chauffage…mais à l’abri du vent! Le proprio est très sympathique et tente de nous donner des indications pour la route vers le Salar, mais comme il est non-voyant, il pointe dans toutes les directions alors nous ne sommes pas trop sûrs de partir du bon côté…

Le lendemain, Charles se fiant à son sens de l’orientation légendaire, nous amène sans problème sur le Salar de Coipasa où nous sommes éblouis par l’immense étendue blanche devant nous! Quelle merveille! L’horizon se dissout au loin créant des illusions d’optique saisissantes: on dirait que les îlots flottent littéralement dans les airs! Nous pédalons avec enthousiasme sur cette surface presque lisse et nous avalons les kilomètres le temps de le dire. Ce soir-là, notre traversée complétée, nous dressons le camp en bordure du Salar. 

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Au petit matin, un froid saisissant nous réveille rapidement au sortir de la tente, avec une lune impressionnante persistant dans le ciel. Nous partons lentement sur une route sablonneuse, puis finalement, nous nous retrouvons encore sur un chemin caillouteux qui monte tranquillement pour traverser une petite chaine de montagnes séparant les deux Salar. Nous peinons à nous rendre à Alcaya, au pied de la plus grosse montée du trajet. Nous décidons de faire étape dans ce village presque à l’abandon, au pied de ruines incas plus ou moins mises en valeur. Nous campons près d’une auberge fermée qui semblait pourtant bien confortable…

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Décidément, nous sommes mis à rude épreuve par le froid car le lendemain, le mercure a chuté en bas de zéro! Cependant, nous nous réchauffons rapidement en attaquant la longue montée caillouteuse vers Salinas. Découragés de devoir pousser les vélos encore une fois, nous nous arrêtons et…miracle! une camionnette de dimension parfaite pour embarquer deux vélos et deux cyclistes s’arrête à notre signal. Hop! nous voilà debout dans la boite arrière, adossés à la cabine, tenant nos vélos tant bien que mal, et on file vers Salinas à toute vitesse! Quelle route! Une montée suivie d’une descente spectaculaire sur 7 kilomètres! Et tout ça sur une surface de roches en planche-à-laver! Nous nous demandons comment ils font pour conduire aussi vite sur des surfaces pareilles. Nous arrivons sains et saufs à Salinas où nous reprenons la route cette fois en direction de Tahua, porte d’entrée sur le fameux Salar d’Uyuni. 

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La première partie du trajet se déroule plutôt bien, sur une surface dure, assez lisse. Mais décidément on n’en sort pas, encore une fois, nous arrivons à une section caillouteuse et cette fois, pas de camionnette en vue. Nous montons progressivement avant de redescendre vers Jirira, petit village près du Salar. Fatigués et secoués, les mains engourdies de tenir fermement les guidons, nous espérons trouver quelqu’un pour nous amener à Tahua, 28 km plus loin quand nous apprenons qu’il y a un hôtel au village et qu’il est parfaitement possible d’accéder au Salar d’Uyuni à partir d’ici! Le fameux hôtel sert surtout aux tours organisés mais nous obtenons une chambre tout à fait confortable avec en prime, une douche chaude!

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Le lendemain, nous nous élançons enfin sur le mythique Salar de Uyuni, immense lac de sel. Nous en rêvions depuis longtemps et nous y voilà, à filer vers l’Isla Incahuasi, petit îlot à une quarantaine de kilomètres, au coeur du Salar. Véritable petite station touristique, l’île accueille les milliers de visiteurs qui s’y rendent en jeep via des tours organisés. Le guide de l’endroit nous dit que nous pouvons camper devant le kiosque d’accueil à l’abri du vent, car tout le monde s’en va vers 18 hres…enfin, les touristes, car ils restent tout de même le personnel. Nous pensions que tout serait calme mais une génératrice fait un bruit d’enfer jusqu’à 21h30, puis c’est le concert des chiens qui jappent à qui mieux mieux une partie de la nuit. Finalement, à 6 hres, les premiers touristes arrivent! 

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On ne peut pas dire que nous repartons reposés après une nuit aussi mouvementée mais heureusement, un bon vent de dos nous permet de franchir aisément les 70 km qui reste pour finir la traversée du Salar. Les vélos roulent en douceur sur les nombreuses pistes durcies par les jeeps et le paysage surréaliste nous en met plein la vue!Cependant, une fois revenue sur la terre ferme si l’on peut dire, nous retrouvons de nouveau des conditions impossibles puisque la route est en construction! Sable, gravier, multiples déviations, c’est donc dans une camionnette que nous terminons les derniers 15 km pour arriver à Uyuni. Décidément, on ne l’a pas eu facile comme on dit, et c’est avec un grand soulagement que nous débarquons devant l’hôtel La Magia de Uyuni pour prendre possession d’une chambre douillette où nous renouons avec un peu de confort. 

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Avouons-le, avec le recul, nous sommes fiers du trajet accompli! Ce type de voyage nous oblige à utiliser toutes nos ressources de débrouillardise et nous pouvons dire que nous avons relevé tous les défis de belle façon. Plus rien ne nous fait peur…ou presque! 

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Cela dit, nous avons dépensé énormément d’énergie ces dernières semaines et nous comptons bien prendre le temps de récupérer avant de nous lancer dans la prochaine étape. Il nous reste environ 300 km de route (ou pistes!) à faire en Bolivie avant de rejoindre la frontière du 3e pays que nous visiterons, l’Argentine et ses immenses pampas! 
À suivre…



27 août 2014

Newsletter #7 - Puno à La Paz

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Bien reposés, nous sommes partis de Puno en direction de la Bolivie. La route longe plus ou moins le fameux lac Titicaca et nous voyons se profiler à l’horizon les pics enneigés de la Cordillera Real bolivienne, sur la rive nord-est du lac. Denise se sent mieux en altitude et ça pédale allègrement jusqu’à Juli ou une bonne montée nous met à l’épreuve. Est-ce l’effet des feuilles de coca que nous utilisons comme les gens d’ici ou si finalement l’acclimatation s’est faite? Ce qui compte, c’est que les forces sont revenues et le plaisir de pédaler est à son meilleur! Surtout que les paysages deviennent de plus en plus impressionnants.
Peu après Juli, nous rencontrons un Argentin à vélo qui nous raconte ses misères en Bolivie: routes en construction un peu partout, conducteurs dangereux…Bon! Il faut en prendre et en laisser, nous nous ferons notre propre idée.

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Ce soir-là, nous décidons de camper au bord du lac. Charles s’approche d’une barque en train d’accoster et demande la permission de camper. La dame nous dit qu’on peut s’installer n’importe où sans problème puisqu’elle est la propriétaire. Nous choisissons donc un petit coin à l’abri du vent derrière un muret de pierres. Une fois installés, une autre dame passe avec ses lamas et nous dit que nous sommes sur son terrain à elle…oups! mais finalement, pas de problème, elle nous donne son accord. Plus tard, alors que nous sommes installés pour dormir, un groupe vient nous voir et cette fois, c’est pour s’assurer que nous n’aurons pas trop froid dans notre tente et pour nous souhaiter bonne nuit. Nous comprenons que tout ce beau monde est plus ou moins apparenté et chacun a sa parcelle de terrain. Au matin, c’est le mari ou le frère, qui vient nous jaser avant d’aller reconduire ses lamas au pâturage! Sympathiques!

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Le lendemain, nous arrivons finalement à Yunguyo où nous traversons la frontière en Bolivie. Tout se passe sans encombre et nous voilà en terre bolivienne, en route pour la petite ville de Copacabana, sur une presqu’île du lac Titicaca où nous comptons rester au moins une journée pour visiter l’Isla del Sol. C’est un des endroits les plus significatifs de la culture Inca, puisque ce serait de là que Manco Capac et Mama Occlo seraient sortis des eaux du lac avant d’aller fonder Cusco, le centre de l’empire Inca.

Contrairement à ce qu’on nous avait laisser entendre, la ville est très calme, et nous trouvons un petit hôtel tranquille (enfin!). Le lendemain, nous partons en bateau pour l’Isla del Sol, où un guide nous mène, presqu’au pas de course, sur un beau sentier de randonnée à travers l’île pour visiter les différents lieux historiques. Nous parvenons tout de même à bien profiter des magnifiques panoramas de cette île qui a des petits airs méditerranéens. 


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Après Copacabana, la route monte sans cesse jusqu’à un point culminant de 4 270 mètres. Nous en prenons plein la vue, les paysages sont grandioses! Puis nous redescendons de nouveau au niveau du lac à Tiquina où nous devons prendre un traversier. Pas très rassurant, ce vieux rafiot fait de planches qui craque de partout! Mais nous n’avons pas le choix, il faut traverser. En plus de nos 2 vélos chargés, on fait monter un gros autobus et une petite auto qu’on enfile presque en dessous de l’autobus. La traversée dure environ 15 minutes. Mais voilà que ça tangue et que ça brasse et nous voyons l’autobus pencher d’un côté à l’autre. Les passagers de la petite auto tente de retenir le bus pour ne pas qu’il écrase leur voiture, mais Denise elle, surveille son vélo qui risquerait d’être écrabouillé si ça chavirait. Charles lui, en profite pour filmer la scène. Parvenus sains et saufs sur l’autre rive, nous sommes bien contents de reprendre les bécanes pour grimper de nouveau à plus ou moins 4 000 mètres.

Nous nous arrêtons finalement près d’un petit village où nous demandons la permission de camper encore une fois au bord du lac Titicaca. La dame nous indique que nous pouvons nous installer près des barques amarrées plus bas. Nous nous installons, tout heureux, car le site est vraiment parfait. Cependant, vers 18h30, un vent incroyable se lève faisant claquer la tente et nous faisant craindre le pire pour la nuit. Nous nous couchons tout de même, un peu inquiets, mais vers 21h30, aussi soudainement qu’il a commencé, le vent s’arrête et nous voilà partis pour une des nuits les plus calmes du voyage à date! 
Nous nous levons au petit matin, en même temps que les pêcheurs reviennent de leur expédition nocturne sur le lac. En effet, nous les avions entendu partir vers 3hres du matin. Ils nous montrent leurs prises et nous expliquent qu’ils s’en vont maintenant vendre leur pêche à La Paz.

À mesure que nous approchons de La Paz, le paysage devient quelque peu monotone, surtout que nous venons de quitter définitivement les abords du lac Titicaca. Puis, ça s’urbanise carrément et au terme d’une vingtaine de kilomètres de ville, nous arrivons à El Alto, la banlieue haute de La Paz où nous avons choisi de nous installer, histoire de s’éviter une pénible remontée. Je vous explique: La Paz est construite dans une immense cuvette et son centre est à environ 3 600 mètres. El Alto, sa banlieue, est construite tout autour du rebord de la cuvette à 4 000 mètres. Depuis mai dernier, un magnifique téléphérique relie les deux villes. Nous profiterons donc de ce moyen pour aller visiter La Paz. 

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L’arrivée à El Alto a été quelque peu stressante. Passer d’une campagne bucolique à une ville frénétique, ça vous use un peu les nerfs, surtout quand toutes les rues sont envahies de voitures bloquées dans une circulation démentielle et que la foule des piétons s’y faufilent tant bien que mal, et tout ça à travers des dizaines d’étals en tout genre pêle-mêle sur les trottoirs ou carrément dans la rue! Nous réussissons à peine à avancer à travers tout ce beau monde. Nous parvenons finalement à trouver un hôtel acceptable, du moins à première vue et nous décidons de rester ici 3 nuits.
Mais notre séjour ici sera tout sauf reposant! Notre hôtel a une discothèque au 2e étage…et nous sommes au 3e! À partir de 19 hres, en avant la musique et c’est ainsi jusqu’à 5 hres du matin. La basse dans le plancher, les gens qui crient, l’animateur qui semble déchaîné, on ne manque rien du spectacle. Nous tentons de changer de chambre mais ça n’ira qu’au lendemain avant qu’on puisse monter d’un étage. Cela ne sera pas suffisant pour nous garantir la tranquillité mais avec des bouchons dans les oreilles et la fatigue accumulée, nous parvenons à nous endormir pour la 2e nuit. 
Par contre, nous passons une agréable journée à La Paz où nous nous rendons via le téléphérique qui nous fait carrément plonger au coeur de la ville avec une vue absolument spectaculaire tout autour. Nous apercevons le pic du mont Illimani qui domine la ville, à 6 402 mètres. Magnifique! 


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Nous prenons plaisir à nous perdre dans les ruelles du coeur de la ville, flânant dans les différents marchés très colorés. Il y a même un marché des sorcières, où on peut vous dire votre avenir, et où acheter toutes sortes de potions ou de talismans, en autres, des foetus de lamas supposés vous garantir bonne fortune si vous les enfouissez sous les fondations de votre maison lors de sa construction. La Paz nous apparait bien sympathique et moins frénétique que sa banlieue. 

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Nous visitons aussi un musée plutôt inusité, consacré à la feuille de coca et à ses usages à travers l’histoire. Nous apprenons entre autres que la feuille de coca est utilisée depuis l’époque pré-colombienne pour ses vertus énergisantes. Les Amérindiens s’en servaient depuis toujours pour mieux tolérer le travail en altitude. Quand les Espagnols sont arrivés, ils ont diabolisé cette herbe aux vertus étranges jusqu’à ce qu’ils se rendent compte qu’elle améliorait le rendement des esclaves amérindiens dans leurs mines. Aujourd’hui encore, les gens d’ici utilisent les feuilles de coca régulièrement de toutes sortes de façons: macérées dans la bouche, en tisane ou en bonbons. Cela ne les rend pas plus forts mais leur permet de tolérer l’effort plus longtemps.


Comme plusieurs cyclistes nous ont dit l’avoir essayé avec succès, nous avons tenté l’expérience. Nous prenons donc quelques feuilles que nous plaçons dans la joue et laissons macérer. Le goût n’est pas terrible au début mais on s’habitue et ma foi, ça semble nous aider à mieux tolérer l’effort pendant les longues montées. Ne vous inquiétez pas, il n’est absolument pas question de drogue et nous ne développerons pas de dépendance, promis! 

Demain, nous reprenons la route vers le sud, prêts pour une grande aventure à travers l’une des régions les plus isolées de la Bolivie, le fameux Altiplano. Nous serons probablement coupés de tout, peu ou pas de possibilités d’internet. Nous aurons plusieurs défis à relever, que ce soit pour le ravitaillement en nourriture et en eau, en plus de faire face à des températures sous zéro la nuit.
À suivre…


Article dans Le Plus du 27 aout 2014






































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20 août 2014

Newsletter #6 Cusco à Puno

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Après notre pause touristique à Cusco, nous revoilà en selle, prêts pour de nouvelles aventures! La sortie de Cusco se passe plutôt bien puisque nous descendons. Il y a bien quelques courses avec les fameux collectivos, ces mini-bus qui ne cessent de nous couper agressivement pour ramasser les clients, mais dès que nous sortons de la zone urbaine, nous retrouvons une belle route avec accotement, et la circulation y est plutôt acceptable. 

Cependant, après une trentaine de kilomètres, c’est la montée qui recommence et nous avons de nouveau un peu de mal avec l’altitude, surtout Denise en fait. Il faut travailler fort pour trouver de l’énergie! Même les feuilles de coca ne semble pas avoir grand effet sur Denise alors que pour Charles, ça fonctionne plutôt bien. Nous parvenons tout de même à franchir 83 km et décidons de passer la nuit dans le seul hospedaje de Cusipata, car il fait drôlement froid et Denise se sent épuisée. 

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Malheureusement, la nuit sera loin d’être calme, car le petit hôtel est vraiment rudimentaire. En effet, on a construit des cubicules en bois au 2e étage, avec une toile servant de plafond, donc aucune isolation. Toute la soirée, dans la chambre à côté, 2 femmes avec un jeune enfant font jouer la radio à fond et chantent à l’unisson, pendant que le bébé, qui semble malade, ne cesse de pleurer! Vers 22 hres, Charles décide d’aller leur demander de baisser le son de la radio! Fiou! Mais le pauvre bébé va pleurer une partie de la nuit. Vers 4 hres, ce sont les coqs et les chiens qui s’ajoutent au concert pour finir cette nuit en beauté!

Après une 2e nuit en hospedaje à Sicuani, où encore une fois le bruit nous empêchera de bien nous reposer, nous devons grimper pendant une vingtaine de kilomètres pour traverser la passe d’Abra La Raya, à 4 312 mètres. 

Denise raconte:
«Au fur et à mesure de la montée, je ne peux m’empêcher de penser à la fameuse chanson de Diane Dufresne: « Donnez-moi de l’oxygène »!!! C’est dur, ça se peut pas! Pour couronner le tout, la grêle se met à tomber et me pince le visage pendant que je m’évertue à pousser sur les pédales pour grimper les derniers kilomètres. Je dois me résoudre à pousser le vélo pour les derniers mètres, tellement je suis vidée. Mon moral en prend un coup. »

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Ce soir-là, nous étions pourtant déterminés à camper en pleine campagne pour trouver enfin du calme mais c’était sans compter cette tempête de grêle et cette petite pluie fine qui persiste le reste de l’après-midi. Nous nous retrouvons donc tout mouillés et grelottants à la fin de la journée, si bien que nous nous résignons de nouveau à tenter un hospedaje à Santa Rosa. Miracle! Il y a une douche bien chaude! La nuit sera un peu plus calme, mais il fait tellement froid et humide dans la petite chambre aux murs de ciment sans chauffage que nous dormons tout habillés avec nos tuques!

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Heureusement, le lendemain, le soleil vient nous réchauffer un peu et la route reste plutôt facile puisque nous avons atteint plus ou moins un plateau à 3 800 mètres. En fin d’après-midi, nous montons le camp en plein champ, un peu après Pucara. Charles a demandé la permission au campesino propriétaire du terrain. Nous aurons bien la visite des vaches, un peu perplexes que nous « squattions » leur domaine, mais la soirée s’annonce calme et nous relaxons en regardant le soleil descendre derrière la montagne. Même la température reste clémente et nous nous préparons à une nuit douillette dans notre tente…jusqu’à ce que les échos d’une musique assourdissante nous parviennent vers 19 heures! Pourtant, le village est à au moins 4 kilomètres! Mais les montagnes autour agissent comme un amplificateur et comble de malchance, le vent vient dans notre direction. Ça s’arrête finalement vers minuit et enfin, nous dormons comme des marmottes, bien au chaud dans nos duvets.

Depuis que nous sommes au Pérou, un des principaux irritants pour nous, c’est le bruit, partout, tout le temps! Nous tentons tant bien que mal de nous habituer, mais à part dans les montagnes, loin de tout, vous êtes sûrs qu’il y aura du bruit et tout le monde semble s’en accommoder sans jamais protester, même si le voisin peut vous faire jouer sa musique à partir de 6 hres le matin et jusque tard dans la nuit! Les chiens errants jappent sans arrêts, nuit et jour, les coqs en campagne comme en ville, se mettent à chanter, s’ajoutant au concert de klaxons, aux différentes musiques qui jouent à tue-tête dans la plupart des endroits publics. Une vraie cacophonie! On nous dit que c’est partout comme ça en Amérique du Sud! Ouf! Va falloir s’y faire, j’imagine…

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Pour ce qui est de l’altitude, Denise voit une amélioration le dernier jour avant d’arriver à Puno! En effet, nous pédalons 102 km, et les 5 derniers kilomètres sont en montée. Enfin, Denise sent que l’oxygène se rend dans les muscles! Mais nous méritons bien quelques jours de congé après ces 5 journées intenses. Après une première nuit dans un petit hospedaje très ordinaire, nous décidons de nous récompenser en séjournant dans un confortable 3 étoiles, en plein coeur de la ville! Eau chaude, chauffage (une première au Pérou pour nous!), wi-fi, balcon privé avec vue sur le lac Titicaca! Un petit paradis pour cyclistes fatigués!

Nous profitons du séjour à Puno pour aller visiter Los Uros, une des îles flottantes du lac Titicaca. Nous sommes conscients de l’aspect très touristique de la visite et nous sentons bien qu’il y a une mise en scène parfaitement orchestrée pour nous vendre l’artisanat local, mais nous trouvons quand même intéressant d’en apprendre un peu plus sur ce mode de vie traditionnel qui persiste sur certaines des îles les plus isolées.  La tribu des Aymaras construisaient ces îles avec la tortora, ce jonc qui poussent partout dans le lac. Ils s’isolaient ainsi des autres tribus plus agressives et avec le temps, ils ont continué à vivre ainsi, se suffisant à eux-mêmes.
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À notre retour de l’île, Charles décide d’arrêter chez un dentiste. En effet, la veille au souper, il s’est rendu compte qu’une de ses dents s’est cassée! Le plombage a tenu bon mais il sent un peu de sensibilité au froid. Que faire? Le dentiste propose une couronne comme solution finale, mais cela prendrait du temps. L’autre solution, temporaire celle-là, poser un scellant pour protéger la dent en espérant que cela tienne le plus longtemps possible. Charles opte pour cette 2e solution et on verra ensuite. Pendant la procédure,Denise examine le cabinet et surveille chacun des gestes du dentiste, inquiète de l’asepsie. Mais comme cette réparation ne nécessite aucune injection, elle est rassurée. Ah! le passé d’infirmière, ça vous suit partout!

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De belles rencontres!
Jusqu’à maintenant, nous n’avions pas rencontré d’autres voyageurs à vélo. C’est à Cusco que nous rencontrons les premiers, à La Estrellita, petit hospedaje renommé pour bien recevoir les cyclistes. Nous faisons particulièrement connaissance avec Delphine, Jérôme et leurs deux enfants, Emma et Justin. (www.laterredansleguidon.fr) Ces Français sont partis à vélo tandem pour 1 an, à travers le monde! Ils vont plus ou moins suivre le même trajet que nous en Amérique du Sud.
Puis il y a Francisco, un Espagnol que nous croisons quelques jours plus tard. Il remonte de Ushuaia, à l’extrémité sud de l’Argentine, vers l’Alaska. (https://www.facebook.com/tresamericas.enbici.7
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Le lendemain, nous arrivons face à face avec les deux couples que nous suivons sur leurs blogues depuis quelques mois! Quelle belle surprise de les voir enfin en chair et en os! Paul et Jan sont de Vancouver alors qu’Ellen et Elmar viennent des Pays-Bas. Ils se sont rencontrés en Bolivie et voyagent ensemble depuis. Dommage que nous allions en sens inverse, on en aurait long à se dire! (http://www.fietsjunks.nl/)
(http://2lovecycling.com/À Puno, devant la cathédrale, nous rencontrons finalement Leah, Cherry et Nathan, d’autres cyclistes sur la route depuis
longtemps. Nous avions suivi une partie du blogue de Cherry, puisqu’elle venait de faire la même route que allions prendre! Nous passons quelques heures à discuter avec ces jeunes aventuriers qui n’ont pas froid aux yeux. Plus jeunes que nous, ils cherchent les sensations fortes et certains d’entre eux sont à la recherche d’eux-mêmes jusqu’à un certain point. Ce qui est sûr, c’est qu’ils vivent présentement une expérience de vie unique et nous trouvons la discussion très intéressante. 

Après 3 jours de repos à Puno, nous voilà prêts à reprendre les guidons vers de nouvelles aventures.  Le prochain défi qui nous attend: découvrir un nouveau pays! En effet, d’ici quelques jours, nous traverserons en Bolivie et nous nous dirigerons vers La Paz. Nous resterons à plus de 4 000 mètres d’altitude pour plusieurs semaines ce qui devrait permettre de compléter notre acclimatation.


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À suivre…



12 août 2014

Vidéo Biking in Peru 02

Newsletter #5 - Nasca à Cusco


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L’arrivée à Cusco marque le début d’une parenthèse touristique d’une semaine. D’abord, la ville ne manque pas d’attraits avec ses beaux bâtiments et ses églises de l’époque coloniale espagnole. Il y a aussi profusion de bons restaurants et de marchés colorés. Nous nous installons dans un petit hospedaje tout simple, où les cyclistes sont les bienvenus. On y garde nos vélos et nos bagages pendant les 3 jours où nous partons en expédition au Machu Picchu.

 Denise raconte: 
« Je rêvais depuis longtemps de visiter le Machu Picchu. J’ai toujours été fascinée par l’histoire des Incas et le mystère de cette cité perchée dans les montagnes m’intrigue. Je n’allais pas manquer l’occasion de découvrir ce site extraordinaire! »

Mais du rêve à la réalité, il y a souvent un grand pas! Comme nous n’avions aucune réservation, il a fallu se tourner vers une agence qui nous a organisé la visite à la dernière minute, moyennant l’équivalent de nos dépenses d’un mois au Pérou! Tant qu’à jouer aux touristes, nous avons aussi ajouté la visite de la Vallée sacrée à notre forfait, en autobus et en train. Congé de vélo!

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La chance a été avec nous car depuis quelques jours, le temps était maussade ici à Cusco, mais le dimanche 10 août, nous avons assisté au lever du soleil sur le Machu Picchu et ce fut un spectacle éblouissant. Nous avons aussi grimpé la montagne Machu Picchu, une heure et demie d’ascension sur un sentier en marches de pierre, pour découvrir le panorama fabuleux sur la cité inca et toute la vallée autour. Des moments de pur bonheur qui nous font oublier les difficultés des dernières semaines.

En effet, bien des choses se sont passées depuis notre arrivée au Pérou, il y a plus d’un mois. Les imprévus se sont succédés et chaque fois, nous avons dû nous adapter. À San Vicente, Charles a été malade 3 jours, ce qui a retardé notre départ vers Nasca.  Nous avons ensuite pédalé plus ou moins le long de la côte du Pacifique, à travers un paysage désertique, sans grand intérêt. Force est de constater que le Pérou peut être carrément laid à certains endroits car ce qui nous a surtout frappé le long de cette route, ce sont les énormes quantités de déchets un peu partout. Des petits villages de maisons  de roseaux ou de terre sont installés ici et là et les gens y vivent dans une pauvreté criante.
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Arrivés à Nasca, nous étions tout contents de constater que nos jambes se portent très bien…du moins à basse altitude. De plus, nous avons rencontré des gens absolument charmants sur la Plaza, le jour de notre arrivée. Nous cherchions un hospedaje quand un grand blond s'est approché et nous a  demandé si nous cherchions un hébergement. Il nous a invité à venir voir son B&B un peu en retrait du centre.  Rémy est Hollandais et avec sa femme Natalia, native de Nasca, ils viennent tout juste d'ouvrir leur petit gîte. Ce fut un coup de foudre! Un superbe jardin intérieur, une chambre spacieuse joliment décorée, des petits déjeuners copieux et pour couronner le tout, Natalia et Rémy se sont révélés des hôtes des plus intéressants avec qui échanger. Natalia est une passionnée d'histoire et en plus, elle est professeur d’espagnol, ce qui fait
qu’elle est très facile à comprendre. Belle occasion d’améliorer notre espagnol!
Nous avons eu le privilège d'une visite guidée au marché local où Natalia nous a fait
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découvrir une variété incroyable de fruits et légumes péruviens. Nous avons ensuite visité un aqueduc datant de 350 ans avant Jésus-Christ, bâti par les Nascas. Seule ombre au tableau, c'est à Nasca que Denise est tombée malade, elle aussi frappée par la fameuse turista. Natalia et Rémy ont été d'une gentillesse extraordinaire et leurs délicieuses tisanes ont aidé à soulager Denise au bout de 4 jours. 

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Nous avons eu le temps de réfléchir à nos différentes options et finalement, c’est l’autobus pour Cusco qui l’a emporté, histoire de rattraper un peu du temps perdu. Car même si nous avons 2 ans devant nous, les saisons elles, ne changeront pas. Nous devons donc planifier notre itinéraire en conséquence. Comme les longs trajets s’effectuent toujours la nuit, nous nous sommes retrouvés à 20h30, dans un bus bondé qui a mis plus de 15 hres à rejoindre Cusco. Encore une expérience haute en couleur pour nous. En effet, difficile de dormir quand le bus monte une route en lacets sans fin, tanguant à chaque tournant. Certains estomacs ne supportent pas!  Par contre, au petit matin, nous avons pu admirer le superbe paysage, surtout entre Abancay et Cusco. Avouons-le, ce trajet aurait pris au moins 10 jours en vélo, avec ces montées incroyables! Nous nous disons qu’après tout, nous avons déjà fait l’ascension des Andes au début du voyage, une façon comme une autre de nous consoler de ne pas pédaler cette route.



Nous restons encore un jour ou deux à Cusco, avant de prendre la direction du lac Titicaca. Le prochain défi: se retrouver de nouveau en altitude aux alentours de 4 000 mètres! Nous avons acheté des feuilles de coca, tel que suggéré par d’autres cyclistes rencontrés qui nous disent que c’est très efficace pour soulager les symptômes du fameux soroche, le mal de l’altitude. 

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À suivre…