11 novembre 2014

Newsletter no. 13 - Mendoza à Malargüe

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Mendoza nous a plu. Après toute cette chaleur et ces espaces désertiques, se retrouver sous un dense couvert d’arbres dans une ville, ça a du charme. En effet, à Mendoza, toutes les rues ou presque sont bordées par de grands arbres et de nombreuses fontaines rafraichissent les beaux parcs. Il fait bon prendre le temps sur les terrasses des nombreux cafés et restaurants, flâner sur la rue piétonnière Sarmiento, faire du lèche-vitrine sur Las Heras. Ambiance détendue, gens sympathiques, Mendoza n’est pas facile à quitter après 3 jours, mais la route du sud nous appelle! 

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Cependant, une ville reste une ville et y entrer ou en sortir à vélo comporte son lot de difficulté. C’est ainsi que nous nous retrouvons d’abord sur une voie rapide où nous frôlons la mort à quelques reprises (bon! j’exagère peut-être un peu mais c’est drôlement stressant. Finalement, Charles trouve une alternative grâce au GPS, par la vieille route 40, toute calme, ombragée, à travers d’immenses vignobles, bordée à l’ouest par la «precordillera» des Andes avec des sommets enneigés. Nous roulons beaucoup plus détendus jusqu’au retour sur l’autoroute, mais cette fois, un immense accotement asphalté nous rassure et on file plein sud. Fin d’après-midi, nous trouvons un camping à demi ouvert un peu après Tunuyan et pour la première fois, nous payons pour camper mais il y a douche chaude et toilettes qui fonctionnent! Un concert de grenouilles dans le petit lac à côté nous bercera toute la nuit…


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Nous décidons ensuite de faire un détour par San Rafael, parce qu’on nous dit que le tronçon de la Ruta 40 entre Paretidas et El Sosneado est en gravier et en très mauvais état. Mais, surtout, il nous faut prévoir une étape avec accès à internet pour régler certains problèmes de matériel que nous devons commander. Alors, nous nous retrouvons sur la route 143, en direction de San Rafael, un peu plus à l’est, pour une centaine de kilomètres à travers une zone désertique. Ça grimpe progressivement une bonne partie de la journée et le soleil brille de tous ses feux ce qui fait aussi monter la température!  Le paysage devient peu à peu monotone…
Fin d’après-midi, au moment de trouver un espace pour camper, nous voilà confrontés aux fameuses clôtures argentines. En effet, de chaque côté de la route, à environ 30 ou 40 mètres du bord, d’interminables clôtures se dressent, seulement interrompues ça et là par des barrières cadenassées à double tour avec affiche « Propriedad privada »!  Quand nous apercevons finalement une maison pas très loin de la route, nous décidons de demander la permission de camper quelque part. De la barrière, Charles fait signe à un homme dans la cour, mais celui-ci hésite, puis nous ignore complètement! Décontenancés, nous allons de l’autre côté du chemin, à l’écurie, où un jeune homme timide nous dit que nous pouvons camper au bord de la rivière près du pont que nous venons de franchir. Mais vérification faite, il n’y a que de grands espaces en sable, et aucune ombre. De plus, nous remarquons que même dans le lit de la rivière asséchée, des clôtures nous empêchent d’accéder aux terrains où quelques buissons nous permettraient au moins de nous abriter un peu du soleil qui tape fort. Finalement, nous poursuivons la route, dans l’espoir de dénicher un site ombragé quelque part. 


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Heureusement pour nous, le vent est favorable et la route descend légèrement, ça file donc sans problème, si bien que ne trouvant aucun endroit accessible, nous décidons de nous rendre à San Rafael, ce qui mettra 157 km au compteur pour la journée! Un record pour nous! Nous arrivons en ville vers 20 heures, par une piste cyclable de 12 km. Comme nous stoppons pour consulter le guide afin de trouver un hôtel, une dame nous aborde et nous propose la location d’une « cabana », c’est-à-dire, chambre, salon, salle de bain,cuisine équipée, patio privé, et tout ça pour le prix d’une chambre d’hôtel moyenne. Très sympathique, Alicia nous installe en moins de deux dans un mini chez nous! Nous sommes ravis de pouvoir nous reposer ici une journée complète, car, oui, nous méritons une petite pause après cette distance record. 

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Journée de congé pour nous, rime avec corvées plutôt terre-à-terre, comme faire un peu de lavage, faire le marché, entretenir les vélos et le matériel. Il faut aussi trier les photos, répondre aux courriels, planifier l’itinéraire, donc ça passe vite! Nous repartons par la route 144, direction sud-ouest pour rejoindre de nouveau la fameuse Ruta 40. Il faut d’abord franchir la Cuesta de Los Terneros, où la route déroule ses lacets entre des falaises colorées. Au sommet, la vue sur San Rafael au loin se noie dans une brume de chaleur. Par la suite, c’est la descente vers la pampa, longue plaine aux allures de désert. De nouveau, nous roulons dans un espèce de corridor clôturé. Nous remarquons bien quelques habitations ici et là, dans un bouquet d’arbres, mais elles sont toujours très éloignées de la route. 

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Milieu d’après-midi, nous voyons droit devant nous de gros nuages menaçants…et des éclairs zèbrent le ciel. Échapperons-nous à l’orage? Rien que l’immensité autour de nous! Juste au moment où les gouttes de pluie se font de plus en plus insistantes, nous apercevons un petit abri de ciment avec un grand graffiti disant « Ven Jesus te ama » (Viens, Jésus t’aime)! Nan! rien de surnaturel, juste un de ces hasards extraordinaires, un petit abri-bus à l’intersection de la Ruta 40 et le la route 144, qui nous sauve de justesse d’une méchante averse. Ça tombe dru pendant presqu’une heure et le tonnerre résonne à faire trembler notre abri, mais nous restons au sec, dieu merci! Le soleil revient presqu’aussitôt après l’orage et hop! on reprend la route.
Vers la fin de la journée, encore une fois, c’est la quête pour un espace où piquer la tente, autant que possible à l’abri du vent qui souffle de plus en plus fort, et avec un peu d’ombre pour nous empêcher de cuire au soleil. Nous tentons de nouveau le coup à une barrière où pour une fois, la maison n’est pas très loin. L’homme à qui Charles s’adresse semble bel et bien nous voir, mais il continue à vaquer à ses occupations et malgré nos signes répétés, rien à faire, il ne daigne même pas nous saluer! Dépités, nous continuons encore un bout avant de nous résoudre à dresser le camp près de la clôture, dans un petit fossé nous cachant tant bien que mal à la vue des automobilistes. Nous arrimons solidement la tente avec de grosses roches et…le vent tombe complètement! Bon! au moins quelque chose de positif…En fait, nous passerons finalement une nuit très calme car la circulation sur cette route désertique est plutôt rare la nuit.


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Levés au petit matin, au sortir de la tente, nous apercevons un «gaucho» à cheval qui longe la clôture de l’extérieur, dans notre direction. Denise sort son plus beau sourire et dans son meilleur espagnol, elle salue le bonhomme, qui reste de marbre, marmonne bien un « Hòla! » mais sans plus, avec une mine du genre, « Vous avez affaire à décoller d’ici »! Nous prenons quand même le temps de préparer le petit déjeuner et nous partons tranquillement en direction de Malargüe, notre objectif de la journée. 

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Nous voyons les montagnes se rapprocher progressivement à mesure que la route monte en direction sud-ouest. Arrivés à Sosneado, où la Ruta 40 bifurque plein sud, nous stoppons à un « Minimercado » où de délicieuses « empanadas » nous attendent. Pendant que nous pique-niquons, un groupe de touristes argentins débarqués de leur bus s’approchent de nous. Certains se prennent en photo à tour de rôle avec les vélos! D’autres nous font la
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conversation, nous questionnant sur nos impressions de l’Argentine. Quand nous avouons être plutôt déconcertés par l’accueil froid des gens de la pampa, ces citadins venant de Rosario, nous expliquent que la situation économique catastrophique de leur pays a accru la criminalité et les gens des campagnes ont tout simplement peur! Eh! bien! Ce n’est pas la première fois qu’on nous prévient contre d’éventuels dangers. Quand nous sommes arrivés à Mendoza, deux femmes nous ont convaincu de changer d’itinéraire car selon elle, nous « allions entrer dans un quartier dangereux où on volait les étrangers »! Et en plein coeur de Mendoza, alors que je photographie la cathédrale, une femme, toute alarmée, me dit de « cacher ma caméra car je peux me faire voler »! Paranoïa quand tu nous tiens…Pourtant, jamais nous ne nous sommes sentis en danger nulle part depuis que nous sommes en Argentine. Mythe ou réalité, nous restons prudents évidemment. 
Après cette agréable pause, il faut reprendre la route et cette-fois, le vent joue avec nos nerfs le reste de la journée. D’abord favorable, il souffle ensuite de côté, de plus en plus fort. Puis enfin, on le sent qui nous pousse dans le dos pendant un bon moment, avant qu’il ne décide de carrément nous freiner, avec de sérieuses rafales de face, au moment où nous approchons de Malargüe. De quoi rendre tout cyclo-voyageur fou! 
Ou du moins, nous faire sentir que les jambes ont encore besoin d’une petite pause…Nous resterons donc à Malargüe 2 nuits car la prochaine étape s’annonce difficile: chemin de gravier, villages très éparpillés, approvisionnement rare…Encore de beaux défis devant nous quoi!

À suivre…




3 novembre 2014

Newsletter # 12, Chilecito à Mendoza

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Fous, inconscients, téméraires, masochistes…ou courageux, braves, déterminés, intrépides? 
À vous de répondre après avoir lu. 
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Nous quittons Chilecito sous un soleil de plomb et le mercure ne cesse de grimper. Les premiers 20 kilomètres, la route descend légèrement mais arrivés à Nanogasta, la montée commence sérieusement. Nous sommes au pied de la fameuse Cuesta de Miranda, une section de la Ruta Nacional 40 qui traverse des montagnes d’un rouge flamboyant. La température frôle les 44 degrés et c’est avec la sensation d’être des steaks sur un barbecue que nous 

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poussons sur les pédales pour gravir cette fameuse Cuesta! De plus, la route est en construction et certains tronçons sont en gros gravier,  terriblement abrupts, ce qui nous oblige à pousser nos montures à 2 ou 3 reprises. Du sport, comme on dit! Mais le spectacle vaut l’effort et on se demande si le créateur n’a pas échappé un pot de peinture rouge en façonnant ces montagnes. Arrivés au sommet, nous sommes épuisés. Pas question de rouler encore longtemps, on se laisse donc descendre jusqu’à trouver un site idéal pour un bivouac. Miracle! Nous apercevons un chemin qui mène à un bouquet d’arbres et de cactus au bord d’un « rio »…à sec! Ça se révèle tout de même un endroit parfait pour monter le camp. Seul bémol: le temps reste terriblement chaud, même la nuit! Ça nous rappelle nos pire nuits dans Death Valley l’an dernier…

Le lendemain, encore un peu fatigués de notre exploit de la veille, nous parvenons quand même à franchir au moins 100 km, à travers une zone désertique, très légèrement vallonnée. Peu à voir, et nous trouvons que c’est long longtemps comme dit l’expression…Ce soir-là, pour un repos bien mérité, nous optons pour le petit hôtel…avec air climatisé! Que ça dort bien! 

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Les températures semblent décidées à rester dans la zone extrême, car c’est encore sous une chaleur torride que nous commençons la journée du lendemain. Après, encore un fois, une longue section plutôt monotone, nous voilà, en milieu d’après-midi, au pied de la Cuesta de Huaco. Vous avez tout compris, Cuesta veut dire côte et celle-là en est tout une! Des gradients à faire frémir nos mollets pourtant pas mal endurcis. On s’y attaque, déterminés à arriver à un lac de l’autre côté, où nous espérons camper après une belle baignade. De nouveau, les paysages nous en mettent plein la vue pendant la montée, mais c’est au prix de plusieurs litres de sueur que nous parvenons à franchir ce col pourtant pas si élevé. Avec la chaleur, nous avons l’impression de grimper à haute altitude! Déception pourtant de l’autre côté: le fameux lac est en fait créé par une digue et il est presqu’à sec. Nous ne trouvons pas d’endroit intéressant pour le bivouac et il reste environ 15 km pour arriver à la petite ville de San José de Jachal…Aussi bien s’y rendre, car nous sommes à court d’eau et on RÊVE d'une boisson bien froide après avoir bu autant d’eau chaude! Ce sera « les plus longs 15 km de notre vie » dit Charles…et Denise ajoute: « ça a pas d’allure »!!! Mais nous y arrivons, et c’est encore une fois le petit hôtel à l’air climatisé qui gagne ce soir, après 110 kilomètres! D’un commun accord, sans aucune hésitation, nous décidons de nous accorder un jour de repos! Mendoza devra nous attendre encore un peu.

San José de Jachal se révèle bien agréable pour le farniente et nous passons une partie de nos soirées assis sur un banc de la Plaza…à attendre que les restos ouvrent vers 21 hres. Le temps est doux et nous en profitons pour observer la vie quotidienne des Argentins. S’ils conduisaient aussi lentement qu’ils vivent, nous serions pas mal plus en sécurité sur les routes! En effet, le conducteur argentin moyen conduit à 3 vitesses différentes: vite, très vite ou extrêmement vite!  

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Bien reposés, c’est avec un bon vent de face que nous reprenons la route. Rien de bien excitant à voir le long de ce segment de la Ruta 40, si bien que nous regrettons un brin ne pas avoir pris la route des montagnes…Ce soir-là, c’est derrière un bâtiment abandonné par la compagnie ferroviaire que nous dressons notre camp. Tout va bien jusqu’à 3 heures du matin où un vent violent nous réveille, ébranlant la tente à tel point que Charles doit sortir à 3 reprises pour replanter les piquets! De plus, la fermeture éclair extérieure de la tente nous lâche! Au matin, nous trouvons tous nos sacs sous une bonne couche de sable. Pour couronner le tout, il y a une crevaison sur le vélo de Denise (ah! les maudits épineux!), et en réparant, Charles brise l’essieu (fiou! on en a un de rechange!). Ah! la vie de cyclo-voyageurs n’est pas toujours de tout repos…

Le vent ne nous lâche pas de la journée et nous parvenons à San Juan, épuisés. Il faut réparer la tente, c’est donc dans un petit hôtel que nous stoppons pour mieux récupérer de nos petites misères. Nous parvenons à remplacer le chariot de la fermeture éclair sans trop de peine, puis, belle consolation ce soir-là, nous trouvons un excellent resto où nous nous offrons un délicieux souper arrosé d’un excellent vin! Comme quoi, tout ne va pas si mal que ça.

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Nous partons en forme, toujours en direction de Mendoza. Cette fois, en plus de la monotonie de la route et du vent de face persistant, nous sommes confrontés à la circulation intense sur ce tronçon de la Ruta 40. Nous aurons droit à tous les comportements dangereux du conducteur argentin. Stressant comme tout. Au bout d’une première journée, nous faisons bivouac dans un bosquet d’épineux, bien calme heureusement, mais au matin, désagréable surprise: un des matelas est percé! Décidément, l’Amérique du Sud fait la vie dure à notre équipement. Autre surprise: la température a chuté à 11 degrés, si bien que c’est vêtus comme sur l’Altiplano que nous poursuivons la route, sous un ciel plombé, et toujours avec notre fidèle vent de face.

L’arrivée à Mendoza, après 99 km épuisants, se passe plutôt bien heureusement, surtout que c’est dimanche, donc les rues sont calmes à la différence des grandes routes. La ville nous parait bien agréable avec ses grandes avenues bordées d’arbres. Nous resterons donc ici au moins 3 jours, pour reposer les jambes, réparer l’équipement, profiter de bons restaurants, magasiner…

Nous passons d’abord presqu’une journée à nous informer pour prendre un bus: quel casse-tête avec les vélos! Une compagnie ne veut carrément pas les prendre et il faudrait les envoyer par « encomiendas » dans un autre bus à grands frais. Une autre exige qu’ils soient démontés et en boîte! Comment faire simple quand on peut faire compliqué! De plus, l’itinéraire se révèle très long et il faudrait passer au moins 20 heures sinon plus dans un autobus. Rien pour réjouir des amateurs de grand air comme nous…Après réflexion et analyse du trajet, nous décidons de relever le défi des milliers de kilomètres à vélo! Après tout, nous avons du temps devant nous et ce qu’on aime par dessus tout, malgré les difficultés rencontrées, c’est pédaler librement.
En route pour la région des Lacs!
À suivre…

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25 octobre 2014

Newsletter No11 - Tupiza (Bolivie) à Chilecito (Argentine)

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Traverser la frontière de Bolivie en Argentine n’a pas été de tout repos. Est-ce la Bolivie qui ne voulait pas nous laisser partir ou l’Argentine qui ne voulait pas de nous? 

Résumons! 
La route de Tupiza à Villazon nous a fait subir encore de ces longues montées qui après presqu’une semaine sans pédaler, vous rentrent dans le corps et vous font arrêter au premier bivouac agréable en après-midi. C’est donc en 2 1/2 jours que nous rejoignons la frontière où nous arrivons vers 14 hres. Pas de chance, une longue file d’attente s’étire devant nous. Nous prenons notre mal en patience, mais après nous être informé au sujet de la taxe que nous, Canadiens, devons payer pour entrer en Argentine, le douanier nous apprend que nous devons avoir déjà fait ce paiement via l’internet et avoir une copie papier de la transaction!!! La belle affaire! Pendant que je reste en ligne avec Jérôme et Delphine, Charles retourne à pied à Villazon et tente de trouver un café internet où il y a une imprimante. Grâce à l’aide d’un bon samaritain, il parvient à obtenir le fameux document…après 1h30 de patience face à la lenteur désolante des connections internet! Pendant ce temps, j’ai fait tamponné nos passeports pour la sortie de Bolivie et il ne reste plus qu’à obtenir le tampon d’entrée en Argentine dès que nous présenterons la preuve du paiement de la taxe! Facile, n’est-ce pas? Il faut aussi passer tous les sacs au scanner, évidemment. Ça nous a pris près de 2 hres 30 au total pour finalement traverser à La Quiaca, petite ville du côté argentin. Avec Jérôme et Delphine qui ont eu la gentillesse d’aller nous chercher des pâtisseries du côté argentin pour nous aider à patienter, nous faisons étape dans un charmant petit hôtel où le proprio nous régale de super pizzas au four à bois…à 21 hres! En effet, en plus d’avancer notre montre d’une heure, il faut nous ajuster aux horaires de repas en Argentine. Déjeuner vers 8 hres, dîner vers 14-15 hres et souper vers 21 hres! Disons que pour des cyclistes affamés, ça va demander une longue adaptation.

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La suite du parcours ne nous dépayse pas trop puisque nous sommes encore sur les hauts plateaux et les paysages surréels se succèdent de nouveau, surtout à la hauteur de la Quebrada de Humahuaca où des formations géologiques hallucinantes bordent toute la route 9. Nous faisons étape dans des petits villages nous rappelant plus la Bolivie par leur côté bled perdu, que l’Argentine qu’on nous dit « plus européenne ». 
C’est à Tilcara que nous nous séparons de nos amis Bretons. Nous avons eu énormément de plaisir à voyager avec cette petite famille dynamique pendant un mois. Cependant, le temps file et nous nous devons d’accélérer le rythme, histoire d’arriver en Patagonie à temps pour l’été. Nous les quittons à regret, mais avec l’assurance que nous les reverrons un jour, que ce soit ici en Argentine ou pourquoi pas, en Bretagne? Bonne route les Bretons!

Nous rallions Jujuy (prononcer « rou rouille »!) en une journée, avec des descentes spectaculaires où nous sentons la chaleur à mesure que nous quittons les hautes altitudes. En fait, depuis la frontière, nous sommes redescendus progressivement d’une altitude de près de 4 000 mètres à 1000 mètres!  Les températures elles, au contraire, ont monté. Nous roulons maintenant par des 38 à 43 degrés C. On nous dit que c’est exceptionnel qu’il fasse si chaud au printemps, car oui, c’est le printemps ici! Qu’est que ça sera en plein été??? 

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Donc nous voilà maintenant à Jujuy, une ville qui ma foi, oui, a des petits côtés européens sinon nord-américains. On s’y sent tout de suite moins dépaysés. Par contre, nous y arrivons en plein dimanche après-midi et tout est fermé et il n’y a personne ou presque dans les rues! Ça, c’est pas mal plus argentin. Comme c’est un congé de 3 jours en fin de semaine, tout le monde semble partis ailleurs. Cependant, deux dames âgées nous approchent toutes souriantes, curieuses de nous connaitre, et nous prodiguent mille conseils pour trouver un hôtel tout près du centre. Vite installés, nous profitons du calme pour nous promener tranquillement dans le vieux quartier à la découverte des beaux bâtiments de l’époque coloniale. Ce soir-là, nous soupons (tard!) dans un excellent restaurant et prenons un super dessert dans une vraie pâtisserie! Des petits plaisirs que nous retrouvons avec joie! 

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Dès le lendemain, nous rallions Salta en passant par la route de la Cornisa, un chemin étroit qui porte bien son nom puisqu’il s’accroche à la montagne en montant sur une trentaine de kilomètres avant de redescendre de belle façon jusqu’à la jolie ville de Salta. Mais nous aurions pu manquer ça! En effet, dès notre sortie de Jujuy, une camionnette s’est arrêtée sur le bord de la route et son chauffeur, très sympathique, nous a offert d’embarquer les vélos dans la boite arrière et de nous emmener illico à Salta « pour éviter les montées de la Cornisa ». Nous refusons évidemment! Il insiste mais finit par nous laisser en nous souhaitant «buena suerte», un peu perplexe. 

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Nous passons deux jours à Salta, à La Posta, un charmant « hostal », véritable petit paradis tranquille au coeur de cette ville tout de même très animée. Nous y croisons d’autres voyageurs, des Français surtout, avec qui il est bien agréable de discuter. Salta, c’est aussi un musée archéologique fascinant où nous pouvons voir des momies d’enfants incas qui étaient sacrifiés lors de cérémonies spéciales en offrande aux dieux des montagnes. Pour plus de détails, voir le lien suivant : axandes.voila.net/enf_sacrif.html

Nous y trouvons aussi de bons restaurants où goûter aux fameux steaks argentins. Un régal! Mais manger un steak de 500 grammes à 21 hres, c’est un peu dur pour l’estomac…

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Les jambes pleines d’énergie, nous quittons Salta, en direction de Cafayate. Malgré la chaleur intense nous parvenons à couvrir 103 km avant de nous arrêter dans une «cabana», sorte de petit motel bien confortable avec piscine en prime! Devinez où nous avons passé la première heure? 
Le lendemain, nous sommes entrés dans la fameuse Quebrada de Las Conchas qui borde la route 68 jusqu’à Cafayate. Encore une fois, des paysages de bout du monde nous en ont jeté plein la vue toute la journée! Petite ville renommée pour sa production de vins de qualité, Cafayate se révèle une étape très agréable où nous trouvons un petit hôtel…avec air climatisé! Avec la chaleur qu’il fait, quel bonheur! Autre petit moment de plaisir: une dégustation de glace aux vins! Eh! oui! À la Heladeria Miranda, on a mis au point un parfum de glace au Cabernet et un autre au Torrontès. Délicieux!

Depuis quelques jours, un groupe de cyclistes qui voyagent léger (comprendre avec camions qui transportent tout l’équipement et la bouffe), nous dépasse chaque matin, suivant à peu près le même itinéraire que nous. Ils sont partis de Quito, Équateur, depuis environ 2 mois et ils vont se rendre à Ushuaia, en Terre de Feu. Ils roulent évidemment beaucoup plus vite que nous. Ce sont surtout des Européens et l’organisateur est Hollandais. Ils nous jasent à tour de rôle et plusieurs nous prennent en photo! 

En fait, je crois que nous figurerons dans plusieurs albums photos à travers le monde. Nous voyons souvent des gens s’arrêter et hop! descendre de voiture pour nous photographier ou filmer. Nous avons même aperçu un gars qui conduisait d’une main son camion et nous filmait de l’autre avec son cellulaire, tout ça dans une courbe vertigineuse pendant que nous descendions.

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Après Cafayate, nous empruntons la fameuse Ruta Nacional 40 qui descend jusqu’au sud de l’Argentine. Nous traversons d’abord une succession de vignobles avant de retrouver une zone plus désertique où les épineux et les cactus sont rois. Encore une fois, nous roulons sous une chaleur torride. Denise se sent plutôt fatiguée, et quand nous arrivons à Santa Maria, nous trouvons un hôtel où nous resterons 2 jours, le temps de se remettre d’une vilaine gastro…que Charles attrapera aussi! Pas toujours facile, la vie de voyageurs au long cours…

Mais l’énergie revient vite et nous filons sur la Ruta 40, à travers des plaines encaissées entre des Sierras. Le revêtement est la plupart du temps excellent à part de courts tronçons encore en construction. 

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Nous remarquons des petites chapelles ou des petits sanctuaires sur le bord de la route, souvent dédiés à la Difunta Correa. Morte de soif pendant la Guerre civile, son bébé aurait survécu en s’abreuvant à son sein. Cette femme serait à l’origine de plusieurs miracles et les Argentins lui vouent une dévotion bien particulière en lui laissant des bouteilles d’eau ou autre offrande. 





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Voir ce lien pour l’histoire complète:




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Après plusieurs étapes en bivouac ou en campings (déserts à ce temps-ci de l’année!), nous voilà maintenant à Chilecito, une ville très animée où nous prenons un jour de repos de vélo bien mérité. Mais ici, une des activités populaires semblent être se promener en voiture avec le système de son à fond la caisse, toute fenêtres ouvertes. On sent les fenêtres de l’hôtel vibrer tellement le bruit est intense! Et ce manège dure une partie de la nuit…Pour le repos, on repassera. Ah! l’Argentine! Calme le jour, frénétique le soir et la nuit! 


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Nous reprendrons de nouveau la Ruta 40, en direction de Mendoza que nous pensons rejoindre d’ici une semaine. De là, nous prendrons probablement un autobus pour rejoindre la Patagonie plus rapidement et éviter ainsi des milliers de kilomètres de pampas sans fin. Et avouons-le, nous avons hâte de retrouver des températures plus fraîches. Oui, nous aimons la chaleur, mais entre 20 degrés et 40 degrés, il y a toujours bien un bout! 

À suivre…