27 août 2014

Newsletter #7 - Puno à La Paz

Clic pour album
Bien reposés, nous sommes partis de Puno en direction de la Bolivie. La route longe plus ou moins le fameux lac Titicaca et nous voyons se profiler à l’horizon les pics enneigés de la Cordillera Real bolivienne, sur la rive nord-est du lac. Denise se sent mieux en altitude et ça pédale allègrement jusqu’à Juli ou une bonne montée nous met à l’épreuve. Est-ce l’effet des feuilles de coca que nous utilisons comme les gens d’ici ou si finalement l’acclimatation s’est faite? Ce qui compte, c’est que les forces sont revenues et le plaisir de pédaler est à son meilleur! Surtout que les paysages deviennent de plus en plus impressionnants.
Peu après Juli, nous rencontrons un Argentin à vélo qui nous raconte ses misères en Bolivie: routes en construction un peu partout, conducteurs dangereux…Bon! Il faut en prendre et en laisser, nous nous ferons notre propre idée.

Clic pour album
Ce soir-là, nous décidons de camper au bord du lac. Charles s’approche d’une barque en train d’accoster et demande la permission de camper. La dame nous dit qu’on peut s’installer n’importe où sans problème puisqu’elle est la propriétaire. Nous choisissons donc un petit coin à l’abri du vent derrière un muret de pierres. Une fois installés, une autre dame passe avec ses lamas et nous dit que nous sommes sur son terrain à elle…oups! mais finalement, pas de problème, elle nous donne son accord. Plus tard, alors que nous sommes installés pour dormir, un groupe vient nous voir et cette fois, c’est pour s’assurer que nous n’aurons pas trop froid dans notre tente et pour nous souhaiter bonne nuit. Nous comprenons que tout ce beau monde est plus ou moins apparenté et chacun a sa parcelle de terrain. Au matin, c’est le mari ou le frère, qui vient nous jaser avant d’aller reconduire ses lamas au pâturage! Sympathiques!

Clic pour album
Le lendemain, nous arrivons finalement à Yunguyo où nous traversons la frontière en Bolivie. Tout se passe sans encombre et nous voilà en terre bolivienne, en route pour la petite ville de Copacabana, sur une presqu’île du lac Titicaca où nous comptons rester au moins une journée pour visiter l’Isla del Sol. C’est un des endroits les plus significatifs de la culture Inca, puisque ce serait de là que Manco Capac et Mama Occlo seraient sortis des eaux du lac avant d’aller fonder Cusco, le centre de l’empire Inca.

Contrairement à ce qu’on nous avait laisser entendre, la ville est très calme, et nous trouvons un petit hôtel tranquille (enfin!). Le lendemain, nous partons en bateau pour l’Isla del Sol, où un guide nous mène, presqu’au pas de course, sur un beau sentier de randonnée à travers l’île pour visiter les différents lieux historiques. Nous parvenons tout de même à bien profiter des magnifiques panoramas de cette île qui a des petits airs méditerranéens. 


Clic pour album

Après Copacabana, la route monte sans cesse jusqu’à un point culminant de 4 270 mètres. Nous en prenons plein la vue, les paysages sont grandioses! Puis nous redescendons de nouveau au niveau du lac à Tiquina où nous devons prendre un traversier. Pas très rassurant, ce vieux rafiot fait de planches qui craque de partout! Mais nous n’avons pas le choix, il faut traverser. En plus de nos 2 vélos chargés, on fait monter un gros autobus et une petite auto qu’on enfile presque en dessous de l’autobus. La traversée dure environ 15 minutes. Mais voilà que ça tangue et que ça brasse et nous voyons l’autobus pencher d’un côté à l’autre. Les passagers de la petite auto tente de retenir le bus pour ne pas qu’il écrase leur voiture, mais Denise elle, surveille son vélo qui risquerait d’être écrabouillé si ça chavirait. Charles lui, en profite pour filmer la scène. Parvenus sains et saufs sur l’autre rive, nous sommes bien contents de reprendre les bécanes pour grimper de nouveau à plus ou moins 4 000 mètres.

Nous nous arrêtons finalement près d’un petit village où nous demandons la permission de camper encore une fois au bord du lac Titicaca. La dame nous indique que nous pouvons nous installer près des barques amarrées plus bas. Nous nous installons, tout heureux, car le site est vraiment parfait. Cependant, vers 18h30, un vent incroyable se lève faisant claquer la tente et nous faisant craindre le pire pour la nuit. Nous nous couchons tout de même, un peu inquiets, mais vers 21h30, aussi soudainement qu’il a commencé, le vent s’arrête et nous voilà partis pour une des nuits les plus calmes du voyage à date! 
Nous nous levons au petit matin, en même temps que les pêcheurs reviennent de leur expédition nocturne sur le lac. En effet, nous les avions entendu partir vers 3hres du matin. Ils nous montrent leurs prises et nous expliquent qu’ils s’en vont maintenant vendre leur pêche à La Paz.

À mesure que nous approchons de La Paz, le paysage devient quelque peu monotone, surtout que nous venons de quitter définitivement les abords du lac Titicaca. Puis, ça s’urbanise carrément et au terme d’une vingtaine de kilomètres de ville, nous arrivons à El Alto, la banlieue haute de La Paz où nous avons choisi de nous installer, histoire de s’éviter une pénible remontée. Je vous explique: La Paz est construite dans une immense cuvette et son centre est à environ 3 600 mètres. El Alto, sa banlieue, est construite tout autour du rebord de la cuvette à 4 000 mètres. Depuis mai dernier, un magnifique téléphérique relie les deux villes. Nous profiterons donc de ce moyen pour aller visiter La Paz. 

Clic pour album

L’arrivée à El Alto a été quelque peu stressante. Passer d’une campagne bucolique à une ville frénétique, ça vous use un peu les nerfs, surtout quand toutes les rues sont envahies de voitures bloquées dans une circulation démentielle et que la foule des piétons s’y faufilent tant bien que mal, et tout ça à travers des dizaines d’étals en tout genre pêle-mêle sur les trottoirs ou carrément dans la rue! Nous réussissons à peine à avancer à travers tout ce beau monde. Nous parvenons finalement à trouver un hôtel acceptable, du moins à première vue et nous décidons de rester ici 3 nuits.
Mais notre séjour ici sera tout sauf reposant! Notre hôtel a une discothèque au 2e étage…et nous sommes au 3e! À partir de 19 hres, en avant la musique et c’est ainsi jusqu’à 5 hres du matin. La basse dans le plancher, les gens qui crient, l’animateur qui semble déchaîné, on ne manque rien du spectacle. Nous tentons de changer de chambre mais ça n’ira qu’au lendemain avant qu’on puisse monter d’un étage. Cela ne sera pas suffisant pour nous garantir la tranquillité mais avec des bouchons dans les oreilles et la fatigue accumulée, nous parvenons à nous endormir pour la 2e nuit. 
Par contre, nous passons une agréable journée à La Paz où nous nous rendons via le téléphérique qui nous fait carrément plonger au coeur de la ville avec une vue absolument spectaculaire tout autour. Nous apercevons le pic du mont Illimani qui domine la ville, à 6 402 mètres. Magnifique! 


Clic pour album

Nous prenons plaisir à nous perdre dans les ruelles du coeur de la ville, flânant dans les différents marchés très colorés. Il y a même un marché des sorcières, où on peut vous dire votre avenir, et où acheter toutes sortes de potions ou de talismans, en autres, des foetus de lamas supposés vous garantir bonne fortune si vous les enfouissez sous les fondations de votre maison lors de sa construction. La Paz nous apparait bien sympathique et moins frénétique que sa banlieue. 

Clic pour album
Nous visitons aussi un musée plutôt inusité, consacré à la feuille de coca et à ses usages à travers l’histoire. Nous apprenons entre autres que la feuille de coca est utilisée depuis l’époque pré-colombienne pour ses vertus énergisantes. Les Amérindiens s’en servaient depuis toujours pour mieux tolérer le travail en altitude. Quand les Espagnols sont arrivés, ils ont diabolisé cette herbe aux vertus étranges jusqu’à ce qu’ils se rendent compte qu’elle améliorait le rendement des esclaves amérindiens dans leurs mines. Aujourd’hui encore, les gens d’ici utilisent les feuilles de coca régulièrement de toutes sortes de façons: macérées dans la bouche, en tisane ou en bonbons. Cela ne les rend pas plus forts mais leur permet de tolérer l’effort plus longtemps.


Comme plusieurs cyclistes nous ont dit l’avoir essayé avec succès, nous avons tenté l’expérience. Nous prenons donc quelques feuilles que nous plaçons dans la joue et laissons macérer. Le goût n’est pas terrible au début mais on s’habitue et ma foi, ça semble nous aider à mieux tolérer l’effort pendant les longues montées. Ne vous inquiétez pas, il n’est absolument pas question de drogue et nous ne développerons pas de dépendance, promis! 

Demain, nous reprenons la route vers le sud, prêts pour une grande aventure à travers l’une des régions les plus isolées de la Bolivie, le fameux Altiplano. Nous serons probablement coupés de tout, peu ou pas de possibilités d’internet. Nous aurons plusieurs défis à relever, que ce soit pour le ravitaillement en nourriture et en eau, en plus de faire face à des températures sous zéro la nuit.
À suivre…


Article dans Le Plus du 27 aout 2014






































Cliquer ici pour Lire l'article directement dans le Plus

20 août 2014

Newsletter #6 Cusco à Puno

Clic to see Album
Après notre pause touristique à Cusco, nous revoilà en selle, prêts pour de nouvelles aventures! La sortie de Cusco se passe plutôt bien puisque nous descendons. Il y a bien quelques courses avec les fameux collectivos, ces mini-bus qui ne cessent de nous couper agressivement pour ramasser les clients, mais dès que nous sortons de la zone urbaine, nous retrouvons une belle route avec accotement, et la circulation y est plutôt acceptable. 

Cependant, après une trentaine de kilomètres, c’est la montée qui recommence et nous avons de nouveau un peu de mal avec l’altitude, surtout Denise en fait. Il faut travailler fort pour trouver de l’énergie! Même les feuilles de coca ne semble pas avoir grand effet sur Denise alors que pour Charles, ça fonctionne plutôt bien. Nous parvenons tout de même à franchir 83 km et décidons de passer la nuit dans le seul hospedaje de Cusipata, car il fait drôlement froid et Denise se sent épuisée. 

Clic pour voir album
Malheureusement, la nuit sera loin d’être calme, car le petit hôtel est vraiment rudimentaire. En effet, on a construit des cubicules en bois au 2e étage, avec une toile servant de plafond, donc aucune isolation. Toute la soirée, dans la chambre à côté, 2 femmes avec un jeune enfant font jouer la radio à fond et chantent à l’unisson, pendant que le bébé, qui semble malade, ne cesse de pleurer! Vers 22 hres, Charles décide d’aller leur demander de baisser le son de la radio! Fiou! Mais le pauvre bébé va pleurer une partie de la nuit. Vers 4 hres, ce sont les coqs et les chiens qui s’ajoutent au concert pour finir cette nuit en beauté!

Après une 2e nuit en hospedaje à Sicuani, où encore une fois le bruit nous empêchera de bien nous reposer, nous devons grimper pendant une vingtaine de kilomètres pour traverser la passe d’Abra La Raya, à 4 312 mètres. 

Denise raconte:
«Au fur et à mesure de la montée, je ne peux m’empêcher de penser à la fameuse chanson de Diane Dufresne: « Donnez-moi de l’oxygène »!!! C’est dur, ça se peut pas! Pour couronner le tout, la grêle se met à tomber et me pince le visage pendant que je m’évertue à pousser sur les pédales pour grimper les derniers kilomètres. Je dois me résoudre à pousser le vélo pour les derniers mètres, tellement je suis vidée. Mon moral en prend un coup. »

Clic para ver Album
Ce soir-là, nous étions pourtant déterminés à camper en pleine campagne pour trouver enfin du calme mais c’était sans compter cette tempête de grêle et cette petite pluie fine qui persiste le reste de l’après-midi. Nous nous retrouvons donc tout mouillés et grelottants à la fin de la journée, si bien que nous nous résignons de nouveau à tenter un hospedaje à Santa Rosa. Miracle! Il y a une douche bien chaude! La nuit sera un peu plus calme, mais il fait tellement froid et humide dans la petite chambre aux murs de ciment sans chauffage que nous dormons tout habillés avec nos tuques!

Clic to see album
Heureusement, le lendemain, le soleil vient nous réchauffer un peu et la route reste plutôt facile puisque nous avons atteint plus ou moins un plateau à 3 800 mètres. En fin d’après-midi, nous montons le camp en plein champ, un peu après Pucara. Charles a demandé la permission au campesino propriétaire du terrain. Nous aurons bien la visite des vaches, un peu perplexes que nous « squattions » leur domaine, mais la soirée s’annonce calme et nous relaxons en regardant le soleil descendre derrière la montagne. Même la température reste clémente et nous nous préparons à une nuit douillette dans notre tente…jusqu’à ce que les échos d’une musique assourdissante nous parviennent vers 19 heures! Pourtant, le village est à au moins 4 kilomètres! Mais les montagnes autour agissent comme un amplificateur et comble de malchance, le vent vient dans notre direction. Ça s’arrête finalement vers minuit et enfin, nous dormons comme des marmottes, bien au chaud dans nos duvets.

Depuis que nous sommes au Pérou, un des principaux irritants pour nous, c’est le bruit, partout, tout le temps! Nous tentons tant bien que mal de nous habituer, mais à part dans les montagnes, loin de tout, vous êtes sûrs qu’il y aura du bruit et tout le monde semble s’en accommoder sans jamais protester, même si le voisin peut vous faire jouer sa musique à partir de 6 hres le matin et jusque tard dans la nuit! Les chiens errants jappent sans arrêts, nuit et jour, les coqs en campagne comme en ville, se mettent à chanter, s’ajoutant au concert de klaxons, aux différentes musiques qui jouent à tue-tête dans la plupart des endroits publics. Une vraie cacophonie! On nous dit que c’est partout comme ça en Amérique du Sud! Ouf! Va falloir s’y faire, j’imagine…

Clic pour voir album
Pour ce qui est de l’altitude, Denise voit une amélioration le dernier jour avant d’arriver à Puno! En effet, nous pédalons 102 km, et les 5 derniers kilomètres sont en montée. Enfin, Denise sent que l’oxygène se rend dans les muscles! Mais nous méritons bien quelques jours de congé après ces 5 journées intenses. Après une première nuit dans un petit hospedaje très ordinaire, nous décidons de nous récompenser en séjournant dans un confortable 3 étoiles, en plein coeur de la ville! Eau chaude, chauffage (une première au Pérou pour nous!), wi-fi, balcon privé avec vue sur le lac Titicaca! Un petit paradis pour cyclistes fatigués!

Nous profitons du séjour à Puno pour aller visiter Los Uros, une des îles flottantes du lac Titicaca. Nous sommes conscients de l’aspect très touristique de la visite et nous sentons bien qu’il y a une mise en scène parfaitement orchestrée pour nous vendre l’artisanat local, mais nous trouvons quand même intéressant d’en apprendre un peu plus sur ce mode de vie traditionnel qui persiste sur certaines des îles les plus isolées.  La tribu des Aymaras construisaient ces îles avec la tortora, ce jonc qui poussent partout dans le lac. Ils s’isolaient ainsi des autres tribus plus agressives et avec le temps, ils ont continué à vivre ainsi, se suffisant à eux-mêmes.
Clic to see album

À notre retour de l’île, Charles décide d’arrêter chez un dentiste. En effet, la veille au souper, il s’est rendu compte qu’une de ses dents s’est cassée! Le plombage a tenu bon mais il sent un peu de sensibilité au froid. Que faire? Le dentiste propose une couronne comme solution finale, mais cela prendrait du temps. L’autre solution, temporaire celle-là, poser un scellant pour protéger la dent en espérant que cela tienne le plus longtemps possible. Charles opte pour cette 2e solution et on verra ensuite. Pendant la procédure,Denise examine le cabinet et surveille chacun des gestes du dentiste, inquiète de l’asepsie. Mais comme cette réparation ne nécessite aucune injection, elle est rassurée. Ah! le passé d’infirmière, ça vous suit partout!

Clic para ver album
De belles rencontres!
Jusqu’à maintenant, nous n’avions pas rencontré d’autres voyageurs à vélo. C’est à Cusco que nous rencontrons les premiers, à La Estrellita, petit hospedaje renommé pour bien recevoir les cyclistes. Nous faisons particulièrement connaissance avec Delphine, Jérôme et leurs deux enfants, Emma et Justin. (www.laterredansleguidon.fr) Ces Français sont partis à vélo tandem pour 1 an, à travers le monde! Ils vont plus ou moins suivre le même trajet que nous en Amérique du Sud.
Puis il y a Francisco, un Espagnol que nous croisons quelques jours plus tard. Il remonte de Ushuaia, à l’extrémité sud de l’Argentine, vers l’Alaska. (https://www.facebook.com/tresamericas.enbici.7
Clic pour voir album
Le lendemain, nous arrivons face à face avec les deux couples que nous suivons sur leurs blogues depuis quelques mois! Quelle belle surprise de les voir enfin en chair et en os! Paul et Jan sont de Vancouver alors qu’Ellen et Elmar viennent des Pays-Bas. Ils se sont rencontrés en Bolivie et voyagent ensemble depuis. Dommage que nous allions en sens inverse, on en aurait long à se dire! (http://www.fietsjunks.nl/)
(http://2lovecycling.com/À Puno, devant la cathédrale, nous rencontrons finalement Leah, Cherry et Nathan, d’autres cyclistes sur la route depuis
longtemps. Nous avions suivi une partie du blogue de Cherry, puisqu’elle venait de faire la même route que allions prendre! Nous passons quelques heures à discuter avec ces jeunes aventuriers qui n’ont pas froid aux yeux. Plus jeunes que nous, ils cherchent les sensations fortes et certains d’entre eux sont à la recherche d’eux-mêmes jusqu’à un certain point. Ce qui est sûr, c’est qu’ils vivent présentement une expérience de vie unique et nous trouvons la discussion très intéressante. 

Après 3 jours de repos à Puno, nous voilà prêts à reprendre les guidons vers de nouvelles aventures.  Le prochain défi qui nous attend: découvrir un nouveau pays! En effet, d’ici quelques jours, nous traverserons en Bolivie et nous nous dirigerons vers La Paz. Nous resterons à plus de 4 000 mètres d’altitude pour plusieurs semaines ce qui devrait permettre de compléter notre acclimatation.


Clic to see album



À suivre…



12 août 2014

Vidéo Biking in Peru 02

Newsletter #5 - Nasca à Cusco


Clic pour album
L’arrivée à Cusco marque le début d’une parenthèse touristique d’une semaine. D’abord, la ville ne manque pas d’attraits avec ses beaux bâtiments et ses églises de l’époque coloniale espagnole. Il y a aussi profusion de bons restaurants et de marchés colorés. Nous nous installons dans un petit hospedaje tout simple, où les cyclistes sont les bienvenus. On y garde nos vélos et nos bagages pendant les 3 jours où nous partons en expédition au Machu Picchu.

 Denise raconte: 
« Je rêvais depuis longtemps de visiter le Machu Picchu. J’ai toujours été fascinée par l’histoire des Incas et le mystère de cette cité perchée dans les montagnes m’intrigue. Je n’allais pas manquer l’occasion de découvrir ce site extraordinaire! »

Mais du rêve à la réalité, il y a souvent un grand pas! Comme nous n’avions aucune réservation, il a fallu se tourner vers une agence qui nous a organisé la visite à la dernière minute, moyennant l’équivalent de nos dépenses d’un mois au Pérou! Tant qu’à jouer aux touristes, nous avons aussi ajouté la visite de la Vallée sacrée à notre forfait, en autobus et en train. Congé de vélo!

Clic for album
La chance a été avec nous car depuis quelques jours, le temps était maussade ici à Cusco, mais le dimanche 10 août, nous avons assisté au lever du soleil sur le Machu Picchu et ce fut un spectacle éblouissant. Nous avons aussi grimpé la montagne Machu Picchu, une heure et demie d’ascension sur un sentier en marches de pierre, pour découvrir le panorama fabuleux sur la cité inca et toute la vallée autour. Des moments de pur bonheur qui nous font oublier les difficultés des dernières semaines.

En effet, bien des choses se sont passées depuis notre arrivée au Pérou, il y a plus d’un mois. Les imprévus se sont succédés et chaque fois, nous avons dû nous adapter. À San Vicente, Charles a été malade 3 jours, ce qui a retardé notre départ vers Nasca.  Nous avons ensuite pédalé plus ou moins le long de la côte du Pacifique, à travers un paysage désertique, sans grand intérêt. Force est de constater que le Pérou peut être carrément laid à certains endroits car ce qui nous a surtout frappé le long de cette route, ce sont les énormes quantités de déchets un peu partout. Des petits villages de maisons  de roseaux ou de terre sont installés ici et là et les gens y vivent dans une pauvreté criante.
Clic para ver album
Arrivés à Nasca, nous étions tout contents de constater que nos jambes se portent très bien…du moins à basse altitude. De plus, nous avons rencontré des gens absolument charmants sur la Plaza, le jour de notre arrivée. Nous cherchions un hospedaje quand un grand blond s'est approché et nous a  demandé si nous cherchions un hébergement. Il nous a invité à venir voir son B&B un peu en retrait du centre.  Rémy est Hollandais et avec sa femme Natalia, native de Nasca, ils viennent tout juste d'ouvrir leur petit gîte. Ce fut un coup de foudre! Un superbe jardin intérieur, une chambre spacieuse joliment décorée, des petits déjeuners copieux et pour couronner le tout, Natalia et Rémy se sont révélés des hôtes des plus intéressants avec qui échanger. Natalia est une passionnée d'histoire et en plus, elle est professeur d’espagnol, ce qui fait
qu’elle est très facile à comprendre. Belle occasion d’améliorer notre espagnol!
Nous avons eu le privilège d'une visite guidée au marché local où Natalia nous a fait
Clic pour album
découvrir une variété incroyable de fruits et légumes péruviens. Nous avons ensuite visité un aqueduc datant de 350 ans avant Jésus-Christ, bâti par les Nascas. Seule ombre au tableau, c'est à Nasca que Denise est tombée malade, elle aussi frappée par la fameuse turista. Natalia et Rémy ont été d'une gentillesse extraordinaire et leurs délicieuses tisanes ont aidé à soulager Denise au bout de 4 jours. 

Clic for album

Nous avons eu le temps de réfléchir à nos différentes options et finalement, c’est l’autobus pour Cusco qui l’a emporté, histoire de rattraper un peu du temps perdu. Car même si nous avons 2 ans devant nous, les saisons elles, ne changeront pas. Nous devons donc planifier notre itinéraire en conséquence. Comme les longs trajets s’effectuent toujours la nuit, nous nous sommes retrouvés à 20h30, dans un bus bondé qui a mis plus de 15 hres à rejoindre Cusco. Encore une expérience haute en couleur pour nous. En effet, difficile de dormir quand le bus monte une route en lacets sans fin, tanguant à chaque tournant. Certains estomacs ne supportent pas!  Par contre, au petit matin, nous avons pu admirer le superbe paysage, surtout entre Abancay et Cusco. Avouons-le, ce trajet aurait pris au moins 10 jours en vélo, avec ces montées incroyables! Nous nous disons qu’après tout, nous avons déjà fait l’ascension des Andes au début du voyage, une façon comme une autre de nous consoler de ne pas pédaler cette route.



Nous restons encore un jour ou deux à Cusco, avant de prendre la direction du lac Titicaca. Le prochain défi: se retrouver de nouveau en altitude aux alentours de 4 000 mètres! Nous avons acheté des feuilles de coca, tel que suggéré par d’autres cyclistes rencontrés qui nous disent que c’est très efficace pour soulager les symptômes du fameux soroche, le mal de l’altitude. 

Clic para ver album



À suivre… 

28 juillet 2014

Newsletter #4 Tanta à San Vicente de Canete!

Clic photo pour album
Au départ de Tanta où nous nous sommes reposés 2 jours, nous pensions que le pire était derrière nous. Eh! bien! non! Le pire nous attendait! Nous avons mis 2 jours à franchir les pauvres petits 34 km qui séparent Tanta de Vilca!

Laissez-moi vous raconter. Le début se passe plutôt bien car la route longe la Laguna de Paucarcocha et le gravier y est semblable à ce qu’on peut voir au Québec. La respiration va un peu mieux, alors le plaisir est au rendez-vous d’autant plus que le paysage reste superbe.

Puis, arrive une intersection. Nous avons le choix de faire 50 km de plus avec 2 passes en haute altitude à franchir, où suivre la route suggérée par les Pikes, sur 34 km. Nous choisissons le trajet le plus court évidemment, histoire d’éviter l’altitude autant que possible. Mais qui choisit prend pire, n’est-ce pas? Dans notre cas, ça sera vraiment le pire des choix! 


Je vous explique. Le hic, c’est que cette « route » se termine à un certain point et
Clic photo pour album
devient un sentier sur les derniers 7 km, mais Harriet et Neil mentionnent seulement 2 km où il faut pousser les vélos…???? Si votre vélo a des ailes, oui, mais nos gros Surly chargés, ça ne passe pas!
Pour nous, ça sera 6.5 km de « poussage » de vélos et 2 séances de portage de bagages et de vélos sur un étroit sentier à flanc de falaise vertigineuse. 

Denise raconte: 
« Pour la première fois du voyage, j’ai vraiment eu peur! Quand je vois ce petit sentier de la largeur de 2 bottes de randonnée, surplombant une rivière à plus de 100 mètres, je panique! Je ne me vois pas pousser mon vélo chargé sur ce petit chemin accidenté où le moindre faux pas nous ferait basculer dans la rivière en bas. Charles va faire la reconnaissance du trajet et je vois une roche dégringoler jusqu’en bas, longtemps, longtemps…Ayayaye! J’imagine mon vélo et moi qui prennent le bord comme ça!!! »

Il faut trouver une solution! Revenir sur nos pas implique qu’il faudra remonter des pentes rocheuses, donc pousser encore et encore les vélos! Finalement, quand Charles calcule que nous avons à peu près 400 mètres à franchir pour retrouver un sentier praticable, nous décidons de décharger les vélos et de tout transporter en plusieurs voyages. Ça nous prendra 3 aller-retour! Épuisant, mais plus sécuritaire. 

Clic photo pour album
Nous continuons tant bien que mal, mais comme on pousse plus souvent qu’on pédale, ça n’avance pas vite et il est près de 16 hres quand nous arrivons au niveau de la rivière Canete, à seulement 3 km de Vilca. Nous sommes épuisés et nous voyons que le sentier remonte dans la montagne un peu plus loin. De plus, nous devons franchir une zone de marécages où nous nous enfonçons dans une gadoue gluante, pleine de fumier du bétail qu’on voit un peu partout le long de cette rivière. Dégueulasse! Disons qu’aujourd’hui, nous avons utilisé tous les jurons possibles, en québécois, en français, en anglais et si nous en avions su plus en espagnol, nous les aurions ajouté!!!

Nous décidons finalement de monter le camp près d’un des enclos à vaches en
Clic photo pour album
murets de roches (toilettes pas loin, n’est-ce pas? Voir Newsletter #3).  Nous sommes tout près d’une petite cascade sur la rivière. Heureusement que nous avons un filtre et un Steripen pour bien stériliser l’eau car ça semble un endroit privilégié pour les bêtes qui s’abreuvent à la rivière. Dès que le soleil descend derrière les montagnes, la température chute. Encore une petite nuit fraiche devant nous…

Le lendemain, pour ajouter à nos malheurs, notre poêle peine à s’allumer et comme tout ce qui nous reste comme provisions, c’est un peu de gruau Charles fait l’impossible pour que nous ayons un maigre déjeuner chaud! Nous aurons besoin de toute l’énergie possible pour la suite.

Nous espérions bien rejoindre Vilca rapidement mais sur les derniers 3 km, nous avons encore droit à une séance de portage sur le sentier rocheux à flanc de falaise qui monte quasiment comme un escalier. On commence à inventer de nouveaux jurons!!! Il faut régulièrement se mettre à 2 pour pousser chacun des vélos dans les sections trop abruptes! « Ça se peux-tu se mettre dans la misère de même! » dirait ma mère! Nous arrivons finalement à Vilca vers 12h45, épuisés, et avouons-le, découragés. Oui, les paysages sont sublimes mais ce trajet nous coûte très cher en énergie et en temps…Nous avons atteint un point de trop c’est trop, comme on dit!

Clic photo pour album
Quand nous apercevons un petit minibus collectivo, sur la place, Charles décide de lui demander où il va et s’il peut nous prendre. Il part justement à 13h30, pour Huancaya, à 15 km de là. Parfait! C’était la destination prévue pour la journée. Pour 20 soles ($7), on embarque les 2 vélos sur le toit et on empile les sacoches sur un banc. Dix autres passagers montent à bord avec nous et en route pour Huancaya! Nous échangeons un regard craintif quand on voit le chauffeur pousser son bus pour faire démarrer le moteur et quand on entend la transmission grincer, les freins claquer…avons-nous pris une bonne décision??? Le vieux tacot monte laborieusement les interminables côtes et toute la carrosserie craque et gémit. La route caillouteuse ne laisse aucun répit et nous sommes brassés de tout bord, tout côté. Ça nous fait un p’tit pincement au coeur de constater la beauté du paysage qu’on manque mais en même temps, nos jambes apprécient le répit.

Pendant le trajet, un des touristes fait la conversation à Charles. C’est un Limenos en
Clic photo pour album
visite ici avec sa famille. Très sympathique, il nous invite à venir chez lui quand nous reviendrons au Pérou dans 1 an. Arrivés à Huancaya, nous décidons de loger au même petit hôtel que lui, et d’y rester 2 jours pour récupérer. Il nous faut absolument revoir notre itinéraire car nous sentons avoir atteint un point où le plaisir s’amenuise. Il est temps de changer le plan!

Mais voilà qu’une autre contrariété s’ajoute! Au moment d’aller souper, nous constatons soudainement que notre réserve d’argent comptant est presqu’à sec! En effet, comme il est impossible de payer quoi que ce soit autrement qu’en argent (même les hôtels), ça part vite! De plus, pas moyen de trouver une banque, encore moins un guichet automatique. Il nous reste à peine de quoi souper et peut-être un frugal déjeuner, mais aucune provision pour la route car tout est à sec! Qu’allons-
Clic photo pour album
nous faire? 

Nous regrettons avoir payé pour 2 nuits ici, nous n’aurons même pas d’argent pour manger!!! Nous expliquons notre problème à notre nouvel ami. Il nous emmène voir la gérante de l’hôtel et ensemble, ils élaborent un plan. Liliana, la gérante accepte de nous rembourse nos 2 nuits d’hôtel pour que nous ayons de l’argent pour manger, et pour payer le transport jusqu’à San Vicente de Canete sur la côte, où nous pourrons retirer de l’argent et lui rembourser la nuit passée à l’hôtel. Compliqué n’est-ce pas? Mais c’est la seule solution envisageable pour le moment et nous sommes tellement fatigués par nos aventures en montagne que l’idée de rouler en bus ne nous déplait pas trop.

Clic photo pour album

Le lendemain, Liliana a donc organisé notre transport jusqu’à Canete. Nous prenons
d’abord un premier minibus (le même vieux tacot que la veille!) qui nous amène jusqu’à Magdalena où nous transférons les vélos et les bagages sur un autre collectivo, en meilleur état, celui-là! Nos bécanes y goûtent, car la manutention est tout sauf délicate! Après plusieurs kilomètres, le bus arrive finalement sur une route asphaltée très étroite, qui descend jusqu’à la côte en une série de courbes toutes plus accentuées les unes que les autres.  Le chauffeur se sert du klaxon à chaque tournant pour prévenir les véhicules arrivant en sens inverse. Il évite 2 collisions frontales de justesse, tasse quelques pauvres piétons imprudents ici et là, sauve une poule d’une mort certaine par un arrêt brusque et esquive l’attaque de 2 chiens hargneux. Pour empêcher les conducteurs d’aller trop vite, on a eu la bonne idée d’installer des dos d’âne un peu partout, avec pour résultat que le véhicule tangue à tout bout de champ, si bien qu’une des passagères se met à vomir!  En plus, les fenêtres ouvertes nous permettent de respirer à plein poumons la poussière et les gazs d’échappement (pas d’anti-pollution ici!). Ah! si nous n’étions pas si fatigués, pédaler serait bien plus agréable! D’autant plus que le paysage est absolument à couper le souffle. Mais nous n’avons pas le choix pour le moment, il faut prendre le temps de régler les imprévus, et surtout, refaire nos forces pour la suite.

Arrivés à San Vicente, une petite ville bruyante et animée, nous réglons les problèmes d’argent non sans avoir dû faire la ligne 45 minutes dans une banque pour réaliser que notre carte ne fonctionne pas à ce guichet!!! Grrrr! Heureusement, nous trouvons un autre endroit sans file d’attente et ça fonctionne enfin! Quand je vous dis qu’ici, la vie quotidienne n’est pas de tout repos! Nous nous installons finalement pour 3 nuits dans un hôtel que je dirais luxueux selon les standards péruviens: eau chaude (pour vrai!) et wi-fi!!! 
Clic photo pour album

Heureusement, car pour couronner le tout, Charles éprouve de petits problèmes gastro-intestinaux!!! Ah! les aléas des voyages! Nous y avions échappé jusqu’à maintenant, mais il faut croire que l’expérience n’aurait pas été complète sans ce petit désagrément. On étirera donc notre séjour ici le temps que tout rentre dans l’ordre.

Nous sommes un peu perplexes face à ces contretemps qui nous ramène quasiment au point de départ car San Vicente n’est qu’à 150 km au sud de Lima. Nous qui sommes habitués d’avaler kilomètre après kilomètre, notre maigre progression nous fait nous questionner. Mais il faut se rendre à l’évidence, pédaler au Pérou c’est bien différent que pédaler au Canada ou aux États-Unis. Il faut aussi éviter de se comparer aux autres cyclistes ayant fait le même parcours.  Chaque voyage est différent et nous devons accepter de vivre le nôtre à notre rythme et selon nos capacités. Même si les dernières semaines ont été difficiles, nous avons vécu des expériences uniques, fait des rencontres enrichissantes et vu des panoramas grandioses. N’était-ce pas là notre premier objectif? "L'important arrive non pas au terme de la route, mais bien avant, pendant le trajet lui-même."
(M. Pavic)
Nous revoyons donc notre itinéraire et dès que la santé sera revenue à 100%, nous reprendrons la route en suivant plus ou moins la côte jusqu’à Nasca, un trajet relativement plat qui devrait nous aider à remettre les jambes en forme. Puis recommencera la longue montée dans les Andes en direction d’Abancay et ultimement de Cusco. Cette lente progression permettra une acclimatation progressive à l’altitude, du moins nous l’espérons. 

"Un voyage de 1 000 km commence toujours par un pas."(Lao Tseu)

À suivre…